Mission de coopération sur l’évaluation des mesures de sûreté aérienne : le Gabon et la France renforcent leur collaboration à Libreville

Libreville, le 15 juin 2026 – L’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) a officiellement lancé la mission d’évaluation des mesures de sûreté appliquées aux vols entrants à destination de la République française au départ de l’Aéroport international de Libreville, en présence de la délégation de la Direction Générale de l’Aviation Civile française (DGAC) et de l’ensemble des acteurs nationaux de la sûreté aéroportuaire.

Cette réunion de lancement a réuni l’ensemble des acteurs aéroportuaires à savoir :

• Office National de la Sûreté et de la Facilitation des Aéroports du Gabon (ONSFAG) ;
• Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC ) ;
• Représentants des forces de défense et de sécurité ;
• GSEZ-Airport ;
• Brigade de la Gendarmerie des Transports Aériens ;
• Servair Gabon ;
• Handling Partner Gabon ;
• Fly Gabon ;
• COREX International ;
• Société Gabonaise de Services (SGS) ;
• ainsi que des experts gabonais et français en sûreté aérienne.

Tous invités à apporter leur pleine collaboration afin de garantir le bon déroulement des travaux, dans un esprit de transparence, de rigueur et de partage d’expérience.

Cette mission s’inscrit dans le cadre du renforcement permanent de la sûreté de l’aviation civile, dans un contexte international marqué par l’évolution constante des menaces pesant sur le transport aérien.
Elle vise à apprécier la conformité et l’efficacité des dispositifs mis en œuvre sur la plateforme aéroportuaire de Libreville, tout en identifiant les axes d’amélioration susceptibles de consolider davantage le système national de sûreté.

Dans son allocution d’ouverture prononcée au nom du Directeur général de l’ANAC, empêché, M. Camille MAKOUMBOU, Directeur général adjoint, a souligné l’importance stratégique de cet exercice, qui permet d’apprécier l’alignement avec les normes de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) et de renforcer la prévention contre les actes illicites.

Le Gabon réaffirme, à travers cette initiative, son engagement constant en faveur d’une aviation civile sûre, fiable et conforme aux standards internationaux. Cet engagement se traduit par des actions continues en matière de réglementation, de supervision, de formation des personnels, de modernisation des équipements et de coordination interinstitutionnelle.

Au-delà de l’aspect technique, cette mission revêt également une dimension institutionnelle et diplomatique. Elle traduit la confiance mutuelle entre les autorités françaises et gabonaises de l’aviation civile et s’inscrit dans une logique de coopération renforcée, fondée sur le partage d’expertise et la promotion des bonnes pratiques.

À terme, les travaux permettront :

• d’évaluer la conformité des dispositifs de sûreté en place sur la plateforme de Libreville ;
• d’identifier les bonnes pratiques ainsi que les axes d’amélioration ;
• de formuler des recommandations visant le renforcement continu du système de sûreté ;
• de consolider la résilience globale du dispositif national face aux menaces émergentes.

Cette démarche marque ainsi une nouvelle étape dans le renforcement du système national de sûreté aérienne et dans la consolidation des standards internationaux appliqués à l’Aéroport international Léon-MBA de Libreville. Elle met en lumière la volonté du Gabon de poursuivre une coopération étroite avec la DGAC française et ses partenaires internationaux, en faveur d’une aviation civile toujours plus sûre, sécurisée et résiliente.

Dans cette même dynamique de coopération réciproque et de partage de bonnes pratiques, une mission de même niveau sera également conduite dans un avenir proche à l’Aéroport Paris-Charles de Gaulle. Cette initiative, impulsée par le Directeur général de l’ANAC, le Général de Division Éric Tristan Franck MOUSSAVOU, s’inscrit pleinement dans une logique de réciprocité, de renforcement mutuel des capacités et de consolidation des standards de sûreté entre partenaires.

Renforcement des compétences: le personnel AIR et OPS de l’ANAC formé aux approbations spécifiques de l’aviation civile

Dans le cadre de la mise en œuvre de son plan de formation et de développement des compétences, l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) a organisé, du 1er au 5 juin 2026 à son siège, une session de formation au profit du personnel des départements AIR (Navigabilité) et OPS (Opérations aériennes).

Animée par un expert du Loumed Cabin Crew Training Center (LCCTC), centre de formation basé à Pointe-Noire en République du Congo et agréé par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) dans le cadre du programme TRAINAIR PLUS, cette formation portait sur les approbations spécifiques EDTO, LVO/AWO et RVSM, des domaines techniques essentiels à la supervision de la sécurité des opérations aériennes.

Cette initiative visait à renforcer les capacités des inspecteurs et cadres techniques de l’ANAC afin de leur permettre de mieux appréhender les exigences réglementaires internationales applicables à ces approbations spécifiques et d’assurer une surveillance efficace des exploitants aériens.

Au cours de la formation, les participants ont approfondi leurs connaissances sur le RVSM (Reduced Vertical Separation Minimum), dispositif permettant de réduire à 1 000 pieds l’espacement vertical entre les aéronefs évoluant dans certains niveaux de vol, tout en maintenant les plus hauts standards de sécurité. Les aspects réglementaires, techniques et opérationnels liés à sa mise en œuvre ont été examinés conformément aux dispositions de l’OACI.

Les travaux ont également porté sur les opérations par faible visibilité (LVO/AWO – Low Visibility Operations/All Weather Operations), qui encadrent notamment les approches de précision et les décollages dans des conditions météorologiques dégradées. Les participants ont ainsi été sensibilisés aux exigences relatives aux aéronefs, aux équipages, aux infrastructures aéroportuaires et aux systèmes de navigation nécessaires à la conduite sécurisée de ces opérations.

La formation a par ailleurs permis d’aborder les Extended Diversion Time Operations (EDTO), un cadre réglementaire applicable aux vols effectués à une certaine distance d’un aérodrome de dégagement. Les participants ont étudié les critères d’approbation, les exigences opérationnelles et les mécanismes de gestion des risques associés à ce type d’exploitation.

l’ANAC poursuit ses efforts de modernisation et de renforcement des compétences de son personnel technique afin de garantir une supervision conforme aux normes et pratiques recommandées de l’OACI. En consolidant l’expertise de ses équipes dans des domaines à forte technicité, l’Agence se dote des moyens nécessaires pour accompagner efficacement les opérateurs aériens et contribuer au maintien d’un niveau élevé de sécurité de l’aviation civile au Gabon.

Participation de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC- Gabon) à la Troisième édition de la Semaine de la Sécurité Aérienne TSA-ACAO sur la problématique des aéronefs sans pilote

Du 27 au 30 Avril 2026, deux représentants de l’ANAC ont pris part à la 3e édition de la Semaine de la Sécurité Aérienne TSA-ACAO, tenue à Marrakech, au Maroc, sous le thème  » La prochaine ère de la sécurité aérienne : s’adapter aux menaces et transformer l’écosystème « .

Organisée sous l’égide de l’Organisation de l’Aviation Civile Arabe (ACAO) , cette rencontre internationale a réuni plusieurs acteurs majeurs de la sûreté et de la sécurité de l’aviation civile, notamment le Gouvernement du Maroc, le Département d’Etat des Etats-Unis (DOS), la Transportation Security Administration (TSA), ainsi que des experts et autorités de l’aviation civile de nombreux Etats membres.

L’ANAC y était représentée par Mme Aïcha IBRAHIME MPOUH, Directeur de la Sûreté et de la Facilitation, et M. Oliver Estai BOUNGOU, Responsable Sûreté et Facilitation de la Délégation Régionale Sud-Est. Leur participation traduit l’engagement constant de l’ANAC à renforcer ses capacités institutionnelles et à anticiper les nouvelles menaces pesant sur l’aviation civile.

Parmi la thématique majeure abordée figurait la problématique des systèmes d’aéronefs sans pilote (UAS), communément appelés drones. Leur essor rapide dans les usages civiles et commerciaux constitue à la fois une opportunité technologique  et un défi majeur pour la sûreté aérienne, en raison des risques d’intrusion dans les zones sensibles avec l’intention de commettre un acte d’intervention illicite, de collision avec les aéronefs et d’usages malveillants.

La session intitulée  » Menaces liées aux drone – ce qui nous empêche de dormir la nuit  » a particulièrement retenu l’attention. Les experts de l’ACAO (Arab Civil Aviation Organisation ) et du laboratoire PNNL (Pacific Northwest National Laboratory) y ont présenté les risques croissants que les drones font peser sur le trafic aérien civil, ainsi que les limites actuelles des systèmes de lutte anti-drones (Counter-UAS).

Les discussions ont permis d’approfondir les difficultés de détection, d’identification et de neutralisation de ces appareils, tout en soulignant la nécessité d’un encadrement réglementaire harmonisé afin de mieux contrôler leur exploitation, d’assurer leur traçabilité et de renforcer la protection des infrastructures critiques.

Les échanges ont également porté sur le Plan mondial pour la sûreté de l’aviation (GASeP) de l’OACI, les retours d’expérience sur les incidents récents de sûreté aérienne, ainsi que les meilleures pratiques de prévention des actes d’intervention illicite. Une attention particulière a été accordée à la coopération entre Etats et au partage d’informations stratégiques face aux menaces émergentes.

Cette participation a permis aux représentants de l’ANAC – Gabon de s’approprier les nouvelles orientations internationales en matière de sûreté aérienne et d’identifier les pistes concrètes pour l’intégration de la menace que représentent les drones dans les dispositifs nationaux de prévention contre les actes d’intervention illicite. A l’instar des MANPADS et des cyberattaques, les drones constituent aujourd’hui une menace silencieuse, mobile et difficilement identifiable, qui doit impérativement être prise en compte dans le système national de sûreté.

L’objectif demeure clair : garantir un haut niveau de sécurité dans les aéroports ouverts à la circulation aérienne, protéger les passagers, les équipages et les installations sensibles, tout en préservant l’intégrité de l’espace aérien national.

A travers cette participation, l’ANAC réaffirme son engagement en faveur d’une aviation civile moderne, sûre et conforme aux standards internationaux, au service de la sécurité des usagers et du développement durable du transport aérien au Gabon.