Dans le cadre du renforcement de son dispositif de supervision de la sécurité aérienne, l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) du Gabon poursuit le développement des compétences techniques de ses inspecteurs dans les domaines des télécommunications aéronautiques (CNS) et des procédures de vol aux instruments (PANS-OPS).
À cet effet, deux inspecteurs de l’ANAC, MANGUENDJI Else Laurianne et BOUNGAGHAN Gildas, ont pris part, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, à deux sessions de formation organisées par les Autorités Africaines et Malgache de l’Aviation Civile (AAMAC), respectivement du 19 au 23 octobre et du 26 au 30 octobre 2026.
Intitulée « Supervision des activités de contrôle en vol et de calibration des aides à la navigation aérienne », cette formation visait à renforcer les capacités des participants en matière de surveillance des opérations de calibration des aides à la navigation aérienne, notamment les ILS, VOR, DME et PAPI, ainsi que de validation des procédures de vol aux instruments.
Articulée autour de cinq modules, elle s’appuyait sur les référentiels de l’OACI, notamment les Annexes 10, 11 et 14 et les Doc 8071 et 9906. Les participants ont d’abord revu le cadre réglementaire, l’inspection et la validation en vol étant une exigence des Annexes 10 et 11, avant d’aborder la préparation des missions : types d’inspections (mise en service, périodique, spéciale), briefing avec les contrôleurs et techniciens au sol, publication des NOTAM avec un préavis de 72 heures, prise en compte de la météo, vérification de la navigabilité de l’avion laboratoire et de l’étalonnage du banc de mesure. Une règle d’or a été martelée : « Sans certificat valide, il n’y a pas de mesure valable ».
Les modules suivants ont porté sur l’exécution des vols, avec des profils précis (approches dans l’axe, décalées, orbites), la validation des procédures modernes PBN/RNP et la détection des anomalies, classées en quatre familles : brouillages, réflexions (multipath), dépassements de tolérances et pannes techniques.
L’analyse des données s’appuie sur trois niveaux de référence :
- une valeur hors limite selon l’Annexe 10 impose la mise hors service immédiate et un NOTAM ;
- une valeur non conforme au Doc 8071 mais dans les limites de l’Annexe 10 entraîne une surveillance accrue et un réajustement sous 30 jours ;
- le Doc 9906 encadre la validation des procédures de vol.
Enfin, les inspecteurs ont été formés à auditer les prestataires de calibration et à évaluer la maintenance des installations (autonomie des groupes électrogènes, alarmes des moniteurs à distance, temps moyen de réparation), afin d’analyser les tendances sur le long terme et d’anticiper les défaillances avant qu’elles n’affectent la sécurité des vols.




Face au risque de propagation de la maladie à virus Ebola dans la zone CEMAC, l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) a accueilli, ce 23 octobre 2026, une réunion d’urgence consacrée à la prévention et au renforcement du dispositif de sécurité sanitaire dans le secteur aéronautique. Une mobilisation préventive qui rappelle le rôle stratégique du transport aérien dans la protection des populations face aux menaces sanitaires transfrontalières.
Alors que la zone CEMAC est confrontée à un risque sanitaire lié au virus Ebola, les acteurs de l’industrie aéronautique sont appelés à renforcer leur préparation et à anticiper toute éventualité. Dans ce contexte, le Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP Gabon) a sollicité l’ANAC pour la tenue d’une réunion urgente avec plusieurs entités du secteur aéronautique, afin de les sensibiliser aux enjeux de cette menace et de présenter les mesures préventives engagées par le ministère de la Santé.
Au-delà d’une simple rencontre d’information, cette initiative se veut préparer dès maintenant la riposte pour éviter que le risque ne se transforme en crise sanitaire. En effet, dans un environnement caractérisé par la mobilité des personnes et l’intensification des échanges, le transport aérien constitue un maillon essentiel du dispositif de surveillance et de prévention des risques sanitaires.
Cette présentation a permis de sensibiliser les participants à l’importance d’une coordination efficace entre les autorités sanitaires et les différentes entités intervenant dans le secteur aéronautique. À ce stade, aucun cas de maladie à virus Ebola n’est signalé au Gabon, selon les informations communiquées lors de la réunion. Une situation qui souligne l’importance de maintenir une posture de vigilance et de mettre en place, en amont, des mécanismes adaptés pour prévenir tout risque d’introduction et de propagation du virus.
L’enjeu est donc d’anticiper plutôt que de subir. Il s’agit notamment de moderniser les dispositifs existants, de renforcer les mécanismes de contrôle sanitaire et d’élaborer un plan de sécurité ainsi qu’un protocole national permettant d’organiser efficacement la prévention, la détection et la réponse en cas d’alerte.
Ces trois axes constituent les fondements d’une stratégie préventive qui exige anticipation, rigueur et coopération. La mise en œuvre de tels mécanismes suppose également une clarification des responsabilités, une bonne circulation de l’information et une capacité d’intervention adaptée à l’évolution de la situation sanitaire.
En réunissant les entités du secteur, l’ANAC entend ainsi contribuer au renforcement de la préparation collective et à l’intégration des impératifs sanitaires dans les mécanismes de sécurité liés à l’aviation civile.
L’urgence est donc claire : détecter à temps, protéger les populations et être prêt à riposter. C’est à cette condition que le bouclier sanitaire pourra pleinement jouer son rôle face à une menace qui impose vigilance, responsabilité et action concertée.