Coopération aéronautique : le Gabon accompagne Sao Tomé-et-Principe dans la mise en place des fondamentaux du système de supervision de la sécurité dans le domaine Aérodromes et Aides au Sol (AGA)

Une mission d’assistance technique dans le domaine AGA menée du 14 au 27 mai 2026, a permis de faire avancer plusieurs textes réglementaires et documents techniques essentiels à la supervision de la sécurité des aérodromes à Sao Tomé-et-Principe.

Dans le cadre de la coopération entre l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) du Gabon et l’Institut National de l’Aviation Civile (INAC) de Sao Tomé-et-Principe, une mission d’assistance technique dans le domaine des Aérodromes et des Aides au Sol a été conduite à Sao Tomé. Portée par l’expert Joe Mannix LEKIBI, cette initiative visait à appuyer les autorités santoméennes dans l’amélioration de leur cadre réglementaire et des documents techniques.

Au cours de cette mission, plusieurs chantiers prioritaires ont été examinés. Les travaux ont notamment porté sur l’analyse du plan d’actions correctrices issu d’une précédente assistance de l’OACI dans le cadre de la Mission ROST, l’accompagnement du personnel technique de l’INAC dans la révision de règlements existants, ainsi que l’élaboration de nouveaux outils techniques. L’objectif était clair : doter le pays de documents plus solides pour encadrer la gestion des aérodromes et renforcer la surveillance de la sécurité aérienne.

Parmi les résultats les plus marquants figurent la mise à jour de la règlementation relative aux aérodromes, l’élaboration d’un projet de texte législatif sur la gestion des obstacles, ainsi que la préparation de documents permettant de notifier certaines différences d’application vis-à-vis des normes internationales. La mission a également contribué à faire avancer le projet de loi sur le code de l’aviation civile, approuvé en Conseil des ministres le 22 mai 2026, avec une meilleure prise en compte des exigences de certification, d’homologation et d’habilitation des aérodromes.

Les recommandations formulées à l’issue de la mission invitent l’INAC à poursuivre l’adoption des textes engagés, à mettre en œuvre un plan de formation pour le personnel technique AGA, et à finaliser les procédures d’homologation et d’habilitation des aérodromes. Pour les deux institutions partenaires, cette mission confirme surtout l’utilité d’une coopération africaine de proximité au service du renforcement durable de la sécurité aérienne.

Contrôle des obstacles : une formation stratégique au service de la sécurité de la navigation aérienne

Du 1er au 5 juin 2026, Libreville a accueilli une session de formation régionale consacrée au contrôle des obstacles, organisée par l’Agence de Supervision de la Sécurité Aérienne en Afrique Centrale (ASSA-AC), sous l’égide de l’École de Formation de la Cameroon Civil Aviation Authority (EFO-CCAA), avec l’appui de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC Gabon).

Cette rencontre a réuni des représentants de l’ANAC, de GSEZ Airport et de l’ASECNA autour d’un objectif commun : renforcer les compétences des acteurs chargés de préserver la sécurité des opérations aériennes et d’assurer une gestion efficace de l’environnement aéroportuaire.

Face à l’urbanisation croissante, à l’essor des infrastructures et à la multiplication des activités humaines aux abords des aérodromes, la maîtrise des obstacles constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour la sécurité de la navigation aérienne.

Qu’ils soient naturels ou artificiels, les obstacles susceptibles de pénétrer les surfaces de protection aéronautiques peuvent compromettre les trajectoires des aéronefs lors des phases critiques de décollage, d’approche ou d’atterrissage. Leur identification, leur évaluation et leur surveillance régulière sont donc indispensables pour garantir la sécurité des vols et préserver l’intégrité du système de transport aérien.

Le contrôle des obstacles contribue également à la conformité des aérodromes aux normes nationales et internationales, notamment celles édictées par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), tout en favorisant le développement harmonieux des infrastructures autour des plateformes aéroportuaires.

Renforcer les compétences pour une meilleure supervision
Ainsi pendant cinq jours, les participants ont approfondi leurs connaissances sur les mécanismes de détection, d’analyse, de gestion et de suivi des obstacles pouvant affecter les opérations aériennes. La formation a permis d’aborder les exigences réglementaires applicables, les méthodes d’évaluation des risques, les procédures de protection des surfaces de limitation d’obstacles ainsi que les responsabilités des différents acteurs impliqués dans la gestion des aérodromes.

Au-delà des aspects techniques, cette session a offert un cadre privilégié d’échanges entre professionnels du secteur, favorisant le partage d’expériences, la diffusion des bonnes pratiques et le renforcement de la coopération entre les institutions œuvrant à la sécurité aérienne.

Une contribution au renforcement de la culture de sécurité
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de renforcement continu des capacités humaines, considérées comme l’un des leviers essentiels de l’amélioration des performances en matière de sécurité aérienne.

En développant l’expertise des personnels chargés du contrôle et de la surveillance des obstacles, cette formation contribue à consolider la culture de sécurité au sein de la communauté aéronautique nationale et régionale, tout en permettant aux États de mieux répondre aux exigences des audits et évaluations internationales.

Le Gabon, acteur engagé pour l’excellence en matière de sécurité aérienne
Le choix du Gabon pour accueillir cette session de formation s’inscrit dans le cadre du programme d’assistance technique de l’ASSA-AC au profit des États membres de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC).

Cette marque de confiance illustre les progrès réalisés par le pays dans le domaine de la supervision de la sécurité aérienne et témoigne des efforts soutenus des plus hautes autorités de la République ainsi que de l’ANAC Gabon pour renforcer les compétences nationales, moderniser la gouvernance du secteur aérien et promouvoir l’application des meilleures pratiques internationales.

L’ANAC renforce la vigilance sanitaire du secteur aérien face à la résurgence d’Ebola en Afrique centrale

Libreville, le 28 mai 2026 – L’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) a accueilli dans ses locaux une réunion de concertation stratégique réunissant les opérateurs aériens et le Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP). Présidée par le Directeur Général Adjoint de l’ANAC, Monsieur Camille MAKOUMBOU, mandaté par le Directeur général empêché, la rencontre s’inscrivait dans le cadre du renforcement des mesures de vigilance sanitaire face à l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

Cette résurgence du virus Ebola, qui suscite une vive inquiétude dans la sous-région d’Afrique centrale, intervient dans un contexte marqué par l’intensification des mouvements de populations et des échanges aériens entre les pays voisins. En raison de la proximité géographique et de la forte mobilité régionale, les autorités sanitaires gabonaises ont décidé d’anticiper tout risque d’importation de cas sur le territoire national, notamment à travers les plateformes aéroportuaires considérées comme des points d’entrée sensibles.

Dans son propos introductif, Monsieur Camille MAKOUMBOU a rappelé la gravité de la situation sanitaire et souligné la nécessité d’une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs du transport aérien. Il a indiqué que cette rencontre visait à faire un point précis sur l’évolution de l’épidémie, à analyser ses implications pour le secteur aérien et à renforcer les mécanismes de prévention et de coordination entre les différentes parties prenantes.

Le Coordonnateur Technique Adjoint du COUSP a ensuite présenté un exposé détaillé sur la situation épidémiologique en Afrique centrale. Revenant sur l’origine du virus Ebola, ses modes de transmission ainsi que les précédentes flambées enregistrées dans la région, il a insisté sur les risques liés à la circulation transfrontalière des voyageurs. Il a également rappelé que la rapidité de détection et de prise en charge demeure un élément déterminant dans la maîtrise de toute propagation.

Au cours de cette présentation, les responsables du COUSP ont mis en lumière les dispositifs déjà déployés par le Ministère de la Santé au niveau de l’Aéroport International Léon-Mba de Libreville. Ces mesures comprennent notamment le renforcement du contrôle sanitaire des voyageurs, la surveillance épidémiologique aux points d’entrée, ainsi que la sensibilisation des personnels aéroportuaires aux procédures d’alerte et de gestion des cas suspects.

Les échanges avec les représentants des compagnies aériennes et des opérateurs du secteur ont principalement porté sur les protocoles à appliquer en cas de détection de passagers présentant des symptômes évocateurs de la maladie. À cet effet, les représentants du COUSP ont présenté une fiche de renseignement sanitaire obligatoire destinée à faciliter le suivi, la traçabilité des déplacements et la réactivité des autorités sanitaires en cas d’alerte.

À l’issue des travaux, les participants ont convenu de la mise en place d’un comité de coordination placé sous l’autorité de l’ANAC. Cette structure aura pour mission de superviser l’application des mesures de riposte, d’assurer leur efficacité et de garantir la cohérence des actions menées par les différents acteurs du secteur aérien et sanitaire.

En assumant pleinement son rôle de coordination et d’anticipation face aux menaces sanitaires internationales, l’Agence démontre sa capacité à fédérer les institutions concernées autour d’une réponse concertée, proactive et efficace. Cette démarche constitue un signal fort de responsabilité et de confiance pour l’ensemble des usagers et des acteurs du secteur aéronautique national.