Le Gabon prend part à la 157e session du Conseil d’administration de l’ASECNA

Le Général de Division Eric Tristan Franck MOUSSAVOU, Directeur Général de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) , a pris part, en qualité d’Administrateur représentant la République Gabonaise , aux travaux  de la 157e session du Conseil d’administration de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), tenus du 7 au 9 juillet 2026 à Ciudad de la Paz, en République de Guinée équatoriale, en prélude à la 78e session du Comité des ministres de l’Agence.

Cette session a réuni les administrateurs des Etats membres autour des principales questions relatives à la gouvernance, à la sécurité de la navigation aérienne, à la gestion financière et aux orientations stratégiques de l’Agence.

Les travaux ont débuté par l’adoption de l’ordre du jour, suivi des points de procédure portant sur l’approbation du procès-verbal de la 156e réunion ordinaire du Conseil d’administration, tenue à Dakar le 17 décembre 2025, ainsi que sur l’examen du tableau de suivi des résolutions en cours ou en attente d’exécution.

Le Conseil a ensuite examiné le rapport du Comité adhoc relatif à l’audit de l’ASECNA avant de se pencher sur la situation financière de l’Agence et d’approuver les comptes de l’exercice 2025.

Les administrateurs ont également pris connaissance du rapport du Directeur général, présenté conformément à sa lettre de mission, qui a permis de faire le point sur l’état d’exécution des activités de l’Agence et les perspectives de développement.

En matière de sécurité, les membres du Conseil ont examiné le rapport de la Commission de la sécurité ainsi que le rapport annuel du Comité de Veille de la Sécurité (CVS), témoignant de l’engagement constant de l’ASECNA à maintenir les plus hauts standards de sécurité et de sûreté dans la gestion de la navigation aérienne.

En tant qu’Administrateur représentant le Gabon, le Directeur général de l’ANAC a pris une part active aux échanges et aux délibérations sur ces différents dossiers stratégiques, réaffirmant l’engagement de la République Gabonaise en faveur du renforcement de la gouvernance de l’ASECNA et de l’amélioration continue de la sécurité, de la performance opérationnelle et de la qualité des services de navigation aérienne au bénéfice des Etats membres.

A travers cette participation, le Gabon confirme sa volonté de contribuer activement aux décisions stratégiques de l’Agence et au développement d’un espace aérien africain toujours plus sûr, performant et intégré.

 

 

 

Commandant NZE TOUTOUME Landry: hommage à un pilote gabonais d’exception

« Chaque décollage est un voyage vers l’inconnu. » Cette phrase résume à elle seule la carrière exceptionnelle du Commandant NZE TOUTOUME Landry, l’un des visages marquants de l’aviation civile gabonaise et africaine dont le parcours force l’admiration. Derrière les milliers d’heures de vol, les appareils de dernière génération pilotés et les responsabilités assumées avec rigueur, se cache l’histoire d’un enfant de Nkembo qui a transformé un rêve en une vie entièrement consacrée au ciel.

Né le 9 juin 1961 à Libreville, le Commandant NZE TOUTOUME Landry grandit au quartier Nkembo, au sein d’une famille nombreuse. Père de six enfants, dont une fille, il demeure profondément attaché aux valeurs familiales qui ont façonné sa personnalité.

Son parcours scolaire débute à l’école primaire Saint-Michel de Nkembo, avant de se poursuivre au Collège Monfort, puis au Lycée Bessieux.

À seulement dix ans, il prend l’avion pour la première fois à destination de Port-Gentil, où il se rend pour des vacances chez son oncle.

« C’était d’ailleurs ma première fois de voir un aéroport », se souvient-il. Cette expérience est un véritable déclic, et à partir de ce jour, une seule ambition l’habite : devenir pilote.

Conscient que le métier de pilote exige un solide niveau scientifique, il choisit dès la classe de quatrième l’orientation scientifique. Mais le chemin est loin d’être facile. Ses résultats ne répondent pas immédiatement aux exigences de cette filière. Ses parents prennent alors une décision déterminante : ils signent un engagement auprès de son établissement afin qu’il poursuive malgré tout cette orientation. Ce soutien familial agit comme un véritable moteur. Grâce à un travail acharné, il relève le défi, poursuit en série C jusqu’en terminale et décroche son baccalauréat scientifique (Bac C) en 1983.

Il effectue ensuite deux années à la Faculté des sciences de l’Université Omar Bongo, au sein du département de mathématiques et de sciences physiques. Pourtant, son destin est déjà tracé. Animé par son rêve d’enfant, il réussit dans la foulée le concours d’entrée au Centre Multinational de Formation en Aviation Civile (CMFAC Gabon) de Mvengué, à Franceville. Pendant trois années de formation exigeante, il acquiert les compétences qui feront de lui un pilote de ligne.

Il fait partie de la toute première promotion du CMFAC, une fierté qu’il revendique avec émotion. Il tient d’ailleurs à rendre un hommage appuyé à ses compagnons de promotion :

  • Étienne AKANDAS MAKAGAH
  • Richard OGANDAGA
  • Guy-Urbain WORA
  • Raphaël ELLA
  • André BAUD,

Qu’il appelle affectueusement ses « compagnons de la première heure ».

À cette époque, les pilotes africains devaient encore lutter contre de nombreux préjugés. Beaucoup de compagnies étrangères doutaient de leurs compétences. Déterminé à démontrer le contraire, le Commandant NZE poursuit sa formation en France, à l’École Nationale de l’Aviation Civile-Service d’Exploitation et de Formation Aéronautique (ENAC-SEFA) de Montpellier, où il obtiendra un second brevet de pilote de ligne. Une qualification supplémentaire qui lui ouvrira les portes d’une carrière internationale.

Air Gabon : le début d’une grande aventure

En 1994, il intègre la compagnie nationale Air Gabon comme copilote. Son tout premier vol commercial relie Libreville à Port-Gentil sous la supervision du chef pilote Jean-Claude SIMARD et marque officiellement le début d’une carrière qui s’étendra sur plusieurs décennies.

Parmi les événements qui l’ont profondément marqué figurent :

  • son mariage en août 1997 ;
  • son premier vol comme élève pilote, qu’il décrit avec humour comme « catastrophique », tant la peur et les interrogations étaient présentes.

Une carrière guidée par la foi

Le Commandant NZE reconnaît volontiers que deux éléments ont toujours guidé son parcours : la foi et la prière. Selon lui, elles lui ont permis de surmonter les nombreuses difficultés rencontrées au cours de sa carrière et de garder confiance dans les moments les plus exigeants.

Une autre étape décisive fut son séjour aux États-Unis, où il suit une formation chez Boeing, à Seattle. Cette expérience lui ouvre de nouveaux horizons. Elle renforce sa confiance en lui, enrichit sa culture aéronautique et lui permet d’acquérir une expérience internationale déterminante.

Au fil des années, il accumule de nombreuses certifications et qualifications.

crédit photo: Asky

Certificats :

  • Gestion des Facteurs Humains
  • Droit Aérien
  • Navigation Trans-Océanique et Polaire.

Qualifications :

  • Fokker F28
  • Boeing 737-200
  • Boeing 767
  • Boeing 757
  • Boeing 737 NG
  • Boeing 737 MAX.

En 2008, il rejoint Saudi Arabian Airlines en qualité de pilote sous contrat. Pendant deux années, il découvre le Moyen-Orient ainsi qu’une partie de l’Asie.

En 2010, il intègre la jeune compagnie panafricaine Asky Airlines, dont il devient l’un des pilotes pionniers. Il y restera jusqu’à son départ à la retraite.

Parmi les pilotes pionniers ayant rejoint Asky cette année-là, il est le seul à être demeuré fidèle à la compagnie, malgré plusieurs propositions plus avantageuses. Pour lui, le choix était simple : l’amour du métier.

À Asky, bien qu’il n’ait jamais occupé officiellement une fonction de formateur, le Commandant NZE devient naturellement un mentor. Son expérience, sa disponibilité et ses conseils inspirent de nombreux jeunes pilotes. Lors de son dernier vol, plusieurs d’entre eux lui ont témoigné leur reconnaissance. Son dernier atterrissage restera l’un des moments les plus émouvants de sa carrière.

Conscient que personne ne construit seul une telle carrière, le Commandant NZE a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers celles et ceux qui l’ont accompagné. Il a ainsi rendu un hommage particulier à ses collègues disparus, les Commandants :

  • André AMBAYE
  • René MORVAN
  • Aimé-Gérard MBOUROUKOUNDA
  • Antoine MEYO
  • Claude AVENOT.

Avec émotion, Il n’a pas non plus oublié ses aînés et ses collègues encore en activité ou à la retraite, parmi lesquels les Commandants : Nicaise NDOUMBA, Jean-Claude ONDO, Moïse DABANY, Daniel EMANE, Nicodème ONDYA LOUSSOU, Serge DEACKEN, Rufin NDONG BEKALE, Jean-Rigobert MEYO, Jean-Chrisostome ONNAS, Jacob NKEZE, Jean-Jacques ASSOUMOU, Felix BE-NDONG, Jean-Cyprien BONGO-TCHANDI, Guy Michel RAIVIRE, Lionel LAPEBY,  ainsi que les plus jeunes commandants encore en service : Sylvain MBIA, Franck TIGOUE, Laurent METHOGO… tous, par leurs conseils et leurs observations, ont contribué à son évolution.

Il a adressé également sa reconnaissance :

  • au CMFAC de Mvengue, qui a façonné le professionnel qu’il est devenu ;
  • à Son Excellence feu Omar BONGO ONDIMBA, dont la vision a permis la création de cette académie panafricaine ;
  • à son père Séraphin TOUTOUME ;
  • à sa mère Maîtresse Suzanne BILIE ;
  • à son premier instructeur Kofi BODOMBOSSOU ;
  • à l’ensemble du corps enseignant du CMFAC ;
  • à son oncle Emmanuel NZE BEKALE, qui fut PDG d’Air Gabon, et dont les encouragements ont nourri son ambition ;
  • ainsi qu’à l’ensemble de ses frères et sœurs.

Une vie au service de la sécurité aérienne

Le Commandant NZE estime avoir consacré toute sa carrière à une priorité absolue : la sécurité aérienne. Rigoureux, exigeant envers lui-même comme envers ses équipes, il considère que l’évolution technologique de l’aviation doit toujours s’accompagner d’une culture permanente de la sécurité. Il résume son parcours avec beaucoup d’humilité : « Aux commandes de mon avion, j’ai transporté l’humanité. C’est un honneur d’avoir accompli cette mission et d’achever cette carrière avec humilité. »

crédit photo: Asky

Aujourd’hui retiré du cockpit, le Commandant NZE TOUTOUME Landry ne considère pas sa mission comme achevée. Son ambition est désormais de transmettre son expérience, transmettre son savoir-faire. Il se dit pleinement disponible pour accompagner son pays, le Gabon, dans le développement de son aviation.

À la jeune génération, son message est clair : « Ne jamais baisser les bras, ne jamais abandonner, ne jamais perdre espoir, ne jamais se décourager. Soyez sérieux, constants, rigoureux, exigeants envers vous-mêmes et cultivez une bonne hygiène de vie. Vos efforts finiront toujours par porter leurs fruits. »

Il souhaite être retenu comme un homme simple, humble, rigoureux, profondément attaché aux valeurs familiales et traditionnelles.

Toute son existence professionnelle peut d’ailleurs se résumer en trois maitres mots qui ont guidé chacun de ses choix :

  • Simplicité 
  • Humilité 
  • Dignité.

Le Commandant NZE TOUTOUME Landry laisse derrière lui bien plus qu’un impressionnant carnet de vol. Il lègue un héritage fait d’excellence, de discipline, de transmission et de patriotisme. Son parcours rappelle que les plus hautes altitudes se conquièrent avec du travail, de la persévérance et de l’humilité. Pour de nombreux jeunes Gabonais et Africains qui rêvent de prendre les commandes d’un avion, son histoire restera la preuve qu’un rêve d’enfant, nourri par l’effort et la détermination, peut conduire jusqu’aux plus grands cieux.

Participation du Directeur Général de l’ANAC Gabon à la 57e session ordinaire du Conseil des AAMAC

Le Général de Division Eric Tristan Franck MOUSSAVOU, Directeur Général de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC Gabon), accompagné de son Conseiller Technique, Toussaint MVOLA NDONG, a participé, en qualité d’Administrateur représentant la République Gabonaise, à la 57e session ordinaire du Conseil des Autorités Africaines et Malgache de l’Aviation Civile (AAMAC), tenue le 05 juillet 2026 à Djibloho, en République de Guinée équatoriale.

Cette rencontre de haut niveau a réuni les représentants des Etats membres afin d’examiner les principales questions relatives à la gouvernance de l’organisation, au renforcement de la sécurité de l’aviation Civile et à la coopération régionale. A cette occasion, le Conseil a notamment examiné les points suivants :

  • La désignation du nouveau Président du Conseil des AAMAC;
  • L’adoption de l’ordre du jour de la 57e session;
  • L’état de mise en œuvre des résolutions adoptées lors de la 56e session;
  • L’examen et l’arrêté des comptes de l’exercice 2025, sur la base des rapports du Secrétaire exécutif et du Commissaire aux comptes;
  • Le rapport à mi-parcours sur l’exécution du programme d’activités et du budget 2026;
  • Les questions diverses.

Les travaux ont permis d’adopter plusieurs recommandations majeures visant à renforcer la gouvernance de l’organisation. Le Conseil a notamment décidé de la mise en place d’un comité ad hoc chargé de proposer les termes de référence destinés à combler le vide juridique relatif aux critères d’éligibilité du Président du Conseil des AAMAC ainsi qu’aux modalités de renouvellement du mandat du Secrétaire exécutif.

Au-delà des questions institutionnelles, cette session a rappelé le rôle stratégique des AAMAC dans le développement d’une aviation civile sûre, harmonisée et durable au sein de l’espace africain et malgache francophone. En tant qu’organisation régionale spécialisée, les AAMAC œuvrent aux côtés des Autorités nationales de l’Aviation Civile des Etats membres pour promouvoir une application harmonisée des normes et pratiques recommandées de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI).

Les AAMAC constituent également un Regional Safety Oversight Organization (RSOO) reconnu, dont la mission est de renforcer les capacités des Etats en matière de supervision de la sécurité. A ce titre, elles apportent une assistance technique et opérationnelle aux autorités nationales à travers la réalisation de missions d’inspection et d’audit; l’accompagnement des processus de certification et de surveillance continue des opérateurs , le développement et l’harmonisation des réglementations techniques, la formation des inspecteurs ainsi que le partage d’expertise entre les Etats membres.

Cette approche de mutualisation permet de pallier les insuffisances de ressources humaines et techniques de certaines administrations nationales, tout en garantissant un niveau élevé et uniforme de sécurité aérienne conformément aux exigences de la Convention de Chicago.

Les AAMAC contribuent également à la protection de l’environnement; à la protection de l’environnement, à la facilitation du transport aérien , ainsi qu’au renforcement de la coopération régionales entre les autorités de l’aviation civile, dans une logique d’intégration et de développement durable du secteur.

A l’issue des travaux, le Conseil a adopté un rapport final regroupant l’ensemble des recommandations formulées au cours de cette session. Ces orientations traduisent la volonté commune des Etats membres de consolider la gouvernance des AAMAC, de renforcer leur efficacité opérationnelle et de poursuivre les efforts en faveur d’un système régional de supervision de la sécurité aérienne performant, au bénéfice des Etats membres et des usagers du transport aérien.

Par sa participation active à ces travaux, le Directeur Général de l’ANAC Gabon réaffirme l’engagement du Gabon en faveur du renforcement de la coopération régionale, de l’amélioration continue de la sécurité de l’aviation civile et de la mise en œuvre des meilleures pratiques internationales au sein de l’espace AAMAC.