43e Session du Comité de Gestion des Activités Aéronautiques Nationales : Vers des perspectives prometteuses

Le 19 décembre 2024 s’est tenue la 43e session du Comité de Gestion des Activités Aéronautiques Nationales du Gabon, présidée par le Général de Brigade Éric Tristan Franck MOUSSAVOU, Directeur Général de l’ANAC, en lieu et place du Ministre des Transports empêché. La séance a réuni les administrateurs issus de plusieurs entités nationales, dont les Ministères de l’Économie, des Comptes Publics, du Budget, des Travaux Publics, ainsi que la Direction Générale de la Météorologie. Une délégation venue de Dakar, conduite par le Directeur des Activités Aéronautiques Nationales représentant le Directeur Général de l’ASECNA, a également pris part aux travaux.

Un point essentiel de cette session a concerné la validation des états financiers de 2022 et 2023. Bien que certaines réserves aient été soulevées par le Commissaire aux Comptes, les administrateurs ont travaillé à trouver des solutions pour lever ces points. En dépit des ajustements proposés, les états financiers ont été adoptés, marquant ainsi une étape importante dans la gestion financière des AAN.

La question de la rémunération du personnel a également été au centre des débats. Une étude menée par l’ASECNA a été présentée, apportant des éclairages sur les pistes d’amélioration pour mieux répondre aux attentes des agents tout en respectant les contraintes budgétaires.

Par ailleurs, la problématique de la révision du contrat de gestion liant l’Etat gabonais à l’ASECNA a été examinée. Ce projet de révision sera soumis à l’approbation du Gouvernement par l’intermédiaire du Ministre des Transports.

En somme, cette 43e session a permis de faire un état des lieux approfondi des actions en cours et d’examiner des projets clés pour l’avenir. Les discussions et décisions prises augurent des perspectives encourageantes pour la gestion des activités aéronautiques nationales, avec un accent particulier sur l’amélioration des conditions de travail et l’optimisation des ressources.

 

80 ans plus tard, la Convention de Chicago est toujours actuelle et pertinente!

Du 4 au 5 décembre 2024, l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) a célébré le 80e anniversaire de la signature de la Convention de Chicago, un moment historique qui a marqué le début d’une ère nouvelle pour l’aviation civile mondiale. L’événement a eu lieu à Chicago, lieu symbolique où la Convention a été adoptée en 1944.

L’objectif principal de ces deux journées était de mettre en lumière les progrès majeurs accomplis ces 80 dernières années, mais aussi de fixer une vision claire pour les décennies à venir. La Convention de Chicago, signée le 7 décembre 1944, a en effet jeté les bases d’un système de transport aérien international coordonné, visant à promouvoir la paix, la coopération et le développement économique mondial. Cet anniversaire a été l’occasion de célébrer ces réalisations tout en se concentrant sur les défis à venir, notamment la durabilité environnementale et l’innovation technologique dans le secteur aérien.

Le Gabon a pris part à cet événement de grande envergure, représenté par le Directeur Général de l’ANAC, le Général de Brigade Eric Tristan Franck MOUSSAVOU, accompagné de Madame Larissa Pamela DIANGA NZENGUE, Directrice des Aérodromes et des Equipements Aéronautiques. Par cette participation, le Gabon a réaffirmé son engagement à soutenir un développement aéronautique durable et inclusif.

Sous le thème « Un ciel sûr et un avenir durable : ensemble pour les 80 prochaines années », l’OACI a organisé une session historique de son Conseil ponctuée par des discussions qui ont réuni des représentants des États, du secteur privé, de l’industrie, des organisations internationales et des experts afin d’explorer des moyens de rendre l’aviation plus sûre, durable et inclusive.

Une résolution a à cet effet été adoptée, marquant le 80e anniversaire de la Convention de Chicago et soulignant le rôle déterminant de l’OACI dans la construction d’un avenir aérien mondial. Cette résolution traduit l’engagement des États membres à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, tel qu’annoncé par l’OACI lors de l’événement AFI Week tenu à Libreville qui préconisait la révision de sa stratégie pour la période 2026-2050.

Trois tables rondes de haut niveau ont également permis d’aborder des questions émergentes et des enjeux de taille pour le secteur aérien, axées sur des thèmes clés tels que la croissance économique, le développement social et la durabilité environnementale, le rôle de l’innovation pour un avenir durable, ainsi que les défis à surmonter et les investissements à sécuriser pour assurer la durabilité de l’aviation. Ces discussions ont également souligné l’importance de la coopération intersectorielle pour favoriser le changement et garantir un avenir durable à l’aviation.

Le Secrétaire américain aux Transports a déclaré  que « l’OACI avait permis de créer une communauté internationale unie autour de l’objectif de rendre l’aviation plus sûre, plus durable et plus équitable ». 80 ans après la signature de la Convention, le secteur aérien est plus interconnecté que jamais, grâce à des standards globaux qui facilitent les échanges internationaux et soutiennent le développement économique mondial.

Le Président de l’OACI, Salvatore Sciacchitano, a rappelé que la Conférence de 1944, en pleine Seconde Guerre mondiale, avait été un moment charnière où 54 pays ont décidé de faire de l’aviation un vecteur de paix et de coopération, plutôt qu’un instrument de conflit. « Les visionnaires de 1944 ont posé les bases d’un système aérien capable de s’adapter à un monde en perpétuelle évolution », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la flexibilité et la solidité de la Convention de Chicago qui a permis de guider l’évolution de l’aviation pendant ces huit décennies.

L’OACI continue de jouer un rôle fondamental en tant qu’acteur central du développement du transport aérien, garantissant un avenir où l’aviation soutient la paix, la coopération internationale et le développement durable.

La participation du Gabon à cet événement a été une opportunité de renforcer son engagement pour le développement d’une aviation civile moderne, sûre et respectueuse des principes de durabilité et d’inclusion, et de contribuer activement aux efforts mondiaux visant à construire un avenir plus vert et plus équitable pour l’aviation.

Lancement de la mise en œuvre du projet API et PNR au Gabon

Sur instructions du Général de Brigade Eric Tristan Franck MOUSSAVOU, Directeur général de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC), le Directeur général adjoint de l’ANAC Monsieur Samuel SAMBA, a présidé ce 18 décembre 2024 au siège de l’agence, la réunion de lancement des travaux de mise en place du système d’informations préalables sur les passagers (API) et des données passagers (PNR).

Organisée sous l’égide du Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations unies (UNOCT), cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme des Nations Unies visant à lutter contre les déplacements des terroristes, auquel le Gabon a adhéré. La réunion a rassemblé les principaux acteurs impliqués, notamment les représentants des services publics, de l’industrie aéronautique ainsi que des forces de Défense et de Sécurité. Ce projet vise à détecter et à intercepter les terroristes étrangers et autres criminels majeurs, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, au droit international, aux principes des droits de l’Homme et à la protection de la vie privée.

Le Gabon, conscient des enjeux sécuritaires croissants liés à l’aviation civile, a sollicité le soutien des Nations unies pour développer et rendre opérationnel un système moderne et efficace de gestion des informations passagers, en conformité avec les exigences internationales. Ce dispositif, articulé autour des systèmes API (Advance Passenger Information) et PNR (Passenger Name Record), vise à renforcer les capacités nationales en matière de détection et d’interception des combattants terroristes étrangers ainsi que des grands criminels transnationaux.

Dans son allocution d’ouverture, le Directeur général adjoint a souligné l’importance stratégique de ce projet pour le Gabon : « Cette initiative qui revêt une importance cruciale pour l’avenir du transport aérien dans notre pays, marque une étape décisive dans notre engagement à renforcer la sûreté, la facilitation et la sûreté ainsi que l’efficacité de nos opérations aériennes ».

Le plan d’action ou feuille de route pour la mise en œuvre nationale s’articule autour de quatre piliers clés:
– le développement du cadre législatif : ce pilier vise à établir une base juridique robuste pour régir la collecte, le traitement et l’utilisation des données passagers, tout en respectant les principes du droit international, des droits de l’Homme et de la protection des données personnelles;
– le soutien opérationnel : l’objectif est de mettre en place les infrastructures et les mécanismes nécessaires pour garantir le fonctionnement optimal du système, tout en s’assurant de la coordination entre les parties prenantes nationales ;
– l’établissement d’une coopération étroite avec l’industrie du transport aérien : Ce volet implique un dialogue étroit et continu avec les acteurs du secteur aérien, notamment les compagnies aériennes, les gestionnaires d’aéroports et les prestataires de services, afin de garantir une intégration harmonieuse des processus API/PNR dans leurs opérations ;
– le soutien technique pour l’analyse des données, y compris la fourniture de licences et le déploiement du logiciel « GoTravel » développé par les Nations unies: ce pilier comprend la fourniture de licences et le déploiement dudit logiciel. Ce système permet une analyse approfondie et efficace des données passagers pour détecter et prévenir les menaces liées au terrorisme et à d’autres formes de criminalité transnationale.

Les travaux de la phase de mise en œuvre vont donc consister à développer les quatre piliers du projet API-PNR Gabon. L’objectif du projet consiste à doter le Gabon d’un système intégré et connecté avec l’ensemble des agences internationales de renseignement comme Interpol et les transporteurs aériens internationaux afin de détecter et intercepter les terroristes, les criminels et autres trafiquants transfrontaliers au départ et à l’arrivée du territoire national.