L’ANAC prend part à l’atelier régional ESAF/WACAF 2025 sur la protection de l’environnement

Du 9 au 10 juillet 2025, la ville de Nairobi, au Kenya, a accueilli l’Atelier régional ESAF/WACAF 2025 sur la protection de l’environnement, une initiative de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) visant à renforcer l’engagement des Etats africains dans la lutte contre les émissions de carbone dans le secteur de l’aviation.

L’objectif principal de cet atelier était de sensibiliser les parties prenantes à l’importance des carburants d’aviation durables (SAF) dans la réalisation des objectifs à long terme en matière de réduction des émissions des aéronefs.
Le Régime de compensation et de réduction des émissions de carbone pour l’aviation internationale (CORSIA) a également été mis en lumière comme un mécanisme clé pour atteindre la croissance neutre en carbone du secteur aérien mondial.

Représentant l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC Gabon), Monsieur Hendrick Nimoy LIYAMANGOYE, Agent technique d’aérodromes, a pris part activement aux échanges portant sur les enjeux environnementaux actuels et futurs de l’aviation internationale.

L’atelier a permis de réaffirmer l’objectif commun des Etats membres de l’OACI : réduire les émissions de CO2 du secteur d’ici 2030. Pour y parvenir, les travaux se sont articulés autour de quatre piliers essentiels :

  • Politiques nationales cohérentes ;
  • Planification stratégique ;
  • Cadres réglementaires adaptés ;
  • Soutien à la mise en œuvre et mobilisation du financement.

Parmi les principales recommandations et actions retenues, l’OACI a mis l’accent sur :

  • Le renforcement des méthodologies de suivi du LTAG (Objectif à Long Terme de l’OACI), y compris le suivi de la mise en œuvre du Cadre mondial et des progrès vers la Vision collective ;
  • L’élargissement et l’actualisation des plans d’action nationaux, avec un accent particulier sur l’introduction des SAF, des carburants alternatifs à faible émission de carbone (LCAF) et d’autres sources d’énergie plus propres ;
  • La collecte et l’analyse des données transmises par les Etats, afin d’évaluer de manière transparente les progrès réalisés ;
  • La convocation de la quatrième Conférence sur les carburants alternatifs pour l’aviation (CAAF/4) au plus tard en 2028 pour actualiser la Vision et le Cadre mondial.

L’OACI a saisi cette occasion pour encourager les Etats à s’impliquer davantage dans la production de carburants éligibles CORSIA, essentiels pour l’aviation internationale. Cette implication est perçue comme un levier majeur pour assurer la transition énergétique du secteur aérien, tout en soutenant les efforts mondiaux en matière de développement durable.

Révision du Code de l’Aviation Civile : une avancée majeure pour le secteur aérien gabonais

Dans une dynamique de modernisation et de mise en conformité avec les standards internationaux, le Code de l’Aviation Civile du Gabon a fait l’objet d’une révision substantielle en 2025, à l’initiative de la Direction générale de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC). Cette réforme, désormais en vigueur, marque un jalon essentiel dans la transformation du paysage aéronautique national.

En effet, la révision du Code intervient dans un contexte d’évolution rapide du transport aérien, tant sur le plan technologique, sécuritaire que réglementaire. Le nouveau texte intègre dorénavant des dispositions clés répondant aux préoccupations contemporaines du secteur, parmi lesquelles :

  • Le Programme National de Sécurité (PNS): issu de la dernière annexe de la Convention de Chicago et conçu pour permettre à l’État de s’acquitter efficacement de ses responsabilités en matière de supervision et de gestion de la sécurité aérienne, le PNS s’appuie sur une approche proactive de la gestion des risques et encadre les Systèmes de Gestion de la Sécurité (SGS) des opérateurs du secteur aérien. Il définit les dispositions relatives aux obligations, fonctions et responsabilités, tout en régissant la collaboration stratégique des différentes entités de l’État impliquées dans la sécurité aérienne.
  • La Sûreté : renforcée de manière significative, avec la définition claire des rôles et responsabilités, l’introduction des Zones de Sûreté à Accès Réglementé (ZSAR), et la mise en place de programmes de contrôle qualité et de formation obligatoires pour les acteurs impliqués ;
  • Le Renforcement des compétences des inspecteurs: l’ANAC dispose désormais d’un corps d’inspecteurs assermentés, habilités à intervenir à tout moment, y compris dans les zones sensibles (ZSAR), avec des prérogatives élargies pour contrôler, constater et imposer des mesures correctives immédiates ;
  • L’intégration des données API/PNR (Advance Passenger Information/Passenger Name Record) en cohérence avec les exigences de sûreté et de facilitation imposées par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) et les partenaires internationaux.

La révision du Code permet également de :
– Clarifier les responsabilités des différents acteurs (exploitants, compagnies, organe de mise en œuvre des mesures de sûreté, etc.) ;
– Moderniser le cadre juridique applicable aux aéronefs sans pilote (drone) et aux nouveaux modèles d’exploitation ;
– Renforcer les sanctions en cas de manquement, avec des amendes plus dissuasives et la possibilité de retrait immédiat de certificat ou licence en cas d’infraction grave.

Sous l’impulsion de la Direction générale, l’ANAC a joué un rôle central dans cette réforme, de concert avec les institutions et les partenaires techniques. L’Agence assure ainsi la mise en œuvre, le contrôle, et l’évaluation continue des dispositions du Code, tout en veillant à la conformité avec les normes internationales de l’OACI et les engagements régionaux (CEMAC, ASECNA, etc.).

Le nouveau Code de l’Aviation Civile s’inscrit dans une volonté affirmée de hisser le Gabon au niveau des standards internationaux les plus exigeants. Il tient compte de la sécurité, la facilitation et l’efficacité réglementaire, au service d’un secteur aérien plus performant, plus fiable et durable.

 

Formation régionale sur le Programme National de Sécurité: le Gabon renforce ses capacités techniques

Du 14 au 18 juillet 2025, s’est tenue à l’Ecole d’aviation d’Afrique de l’Est à Nairobi, au Kenya, une formation régionale portant sur le Programme National de Sécurité (PNS) à l’intention du personnel technique en charge de la sécurité au sein des autorités d’aviation civile des Etats. L’objectif principal de cette formation était de doter les participants des compétences nécessaires pour élaborer et mettre en œuvre un PNS conforme aux exigences de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) et aux règles nationales.

Le Gabon y était représenté par Monsieur Silver OKOUELE, inspecteur des opérations aériennes (OPS) et membre de la coordination du PNS de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC).

Cette formation a permis d’approfondir plusieurs volets essentiels du système national de sécurité. Dans cette perspective, les participants ont été guidés dans la structuration d’un cadre juridique et institutionnel cohérent, incluant la révision des lois et règlements pour y intégrer les exigences du PNS, ainsi que la définition d’une politique nationale de sécurité assortie d’objectifs clairs.

L’approche pédagogique a également mis l’accent sur l’analyse et la gestion des risques liés à la sécurité, à travers l’évaluation et le suivi du système de gestion de la sécurité (SGS) des prestataires de services. Des outils pratiques ont été présentés pour accompagner les autorités dans l’acceptation initiale des SGS et dans le contrôle de leur évolution dans le temps.

Un autre axe majeur de la formation était relatif au traitement des données de sécurité. Les participants ont appris à mettre en place des systèmes de collecte, d’analyse et d’exploitation de ces données, en vue de surveiller en continu les performances et le respect des exigences réglementaires. Ce volet comprend également la capacité à évaluer la maturité du PNS d’un Etat et à gérer les éventuels changements affectant la sécurité.

La participation du Gabon à cette initiative témoigne de la volonté des autorités nationales de s’inscrire dans une dynamique régionale de renforcement de la sécurité aérienne, en s’appuyant sur une expertise technique de plus en plus affirmée.