Un fermier sud-africain fait saisir l’Airbus A220-300 d’Air Tanzania à Johannesburg

Situation inhabituelle à l’aéroport international OR Tambo de Johannesburg, le vendredi 23 août. L’Airbus A220-300, immatriculé 5H-TCH, de la compagnie Air Tanzania a été saisi quelques minutes après son atterrissage alors qu’il effectuait un vol régulier entre Dar Es Salam et la métropole sud-africaine.

La saisie de cet appareil flambant neuf (âgé de moins d’un an) fait suite à une ordonnance rendue mercredi dernier par la Haute Cour de justice de Gauteng à la demande d’Hermanus Steyn, un fermier sud-africain. Il réclame le paiement des indemnisations pour l’expropriation de ses terres par le gouvernement tanzanien, a fait savoir son avocat Roger Wakefield.

Interrogé par BBC, l’avocat du cabinet Werksmans Attorneys explique qu’au milieu des années 80, le gouvernement tanzanien avait nationalisé une énorme ferme de haricots dans laquelle il a tout saisi, y compris des tracteurs, des voitures et 12 petits avions d’épandage.

Après une longue bataille judiciaire, le propriétaire de la ferme s’est vu octroyer une indemnité de 33 millions de dollars en 1994, mais le gouvernement tanzanien n’a versé que 20 millions en 2012. Le solde impayé de 16 millions de dollars a accumulé des intérêts au cours des décennies et s’établit actuellement à 33 millions, clarifie l’avocat spécialisé dans les litiges fonciers.

Selon The Citizen, l’agriculteur qui se bat depuis des années pour obtenir le paiement de son dû est interdit d’entrer en Tanzanie. C’est ainsi qu’il a engagé des avocats en Afrique du Sud, pays qui est partie prenante à la convention internationale sur la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères.

« Après des décennies de promesses non tenues, des promesses de paiement tenant compte de l’endettement, le demandeur n’a pas eu d’autre choix », a déclaré Wakefield.

« Maintenant, la seule façon pour libérer l’aéronef est de payer la dette ou de garantir la sûreté de la réclamation », explique-t-il.

De son côté, le gouvernement tanzanien explique que toutes les mesures sont en train d’être prises pour ramener l’appareil.

« Nous respectons la loi mais cette affaire n’a rien à voir avec Air Tanzania. Nos avocats vont l’analyser et voir quelle action prendre. Nous rassurons les Tanzaniens que nous gérons les intérêts de la nation avec la plus grande attention. Notre avion reviendra et continuera ses activités normales », a déclaré le Dr Hassan Abbas, le porte-parole du gouvernement tanzanien.

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