Reportage : Découvrir l’Afrique par la voie des airs !

trek01Trek Aviation est une association de bénévoles passionnés par les voyages aéro en Afrique qui propose à ses membres ses périples depuis plus d’une dizaine d’années. Il ne s’agit pas d’une compétition mais simplement de prendre plaisir à découvrir l’Afrique par la voie des airs avec nos petits avions et de vivre une belle aventure aéronautique en toute sérénité et cordialité. C’est grâce aux amis aviateurs en Algérie, Au Niger et au Burkina Faso que la décision de faire le Trek Aéro Afrique a pu être prise. Ils nous ont rassurés dans la faisabilité malgré les informations dissuasives des médias et autres sites d’informations et surtout ils nous ont aidés dans la logistique : essence avion, hébergement et convivialité … Roland Hanser nous livre le récit passionnant du périple 2016.

trek05Nous sommes 8 pilotes dans 4 avions légers à hélice dont le plus léger ne dépassait guère 500 kg. Venus de France et d’Espagne, nous nous sommes retrouvés en Espagne pour rejoindre le continent africain. Notre périple nous a fait traverser l’Algérie, le Niger, le Burkina-Faso, le Mali, le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc avant de rejoindre l’Espagne. Nous avons ainsi survolé 7 pays de l’Afrique de l’Ouest soit près de 8.400 km ou 4.500 Nm (Nautique miles) en l’espace de 15 jours, du 24 septembre au 07 octobre 2016.

Nous avons fait escale le premier jour à Oran en Algérie avant de poursuivre en traversant le Sahara et plus précisément le Grand Erg Occidental jusqu’à El Goléa, très belle oasis entourée de dunes de sable réputée en Algérie pour son eau minérale embouteillée sur place. Charles de Foucauld y est enterré.

Il faut noter que pour chaque escale que nous faisons nous procédons tout d’abord à l’avitaillement de nos avions et nous consacrons aussi du temps à remplir des formalités douanières et de police, à déposer des plans de vol et payer des taxes. Il faut compter près de deux heures de temps si tout se passe bien.

Une étape importante nous attend le lendemain : descendre à Tamanrasset en faisant escale à In Salah. Soit une distance de près de mille kilomètres à travers le Plateau du Tademaït pour arriver au fameux massif du Hoggar et ses hautes montagnes qui culminent à près de 3.000 mètres. La visibilité se réduit après le décollage et un vent contraire ralentit notre progression. En arrivant près du massif du Hoggar, la météo se dégrade encore et devient quasi orageuse. Heureusement elle s’améliore en arrivant à Tamanrasset.

trek03Le 28 septembre notre destination nous amène à Agadez au Niger. Le vol commence par le survol de l’Assekrem et l’Ermitage du Père Charles de Foucauld qui se trouve  à 2585 mètres puis nous prendrons un cap sud pour survoler le Tassili du Hoggar avant de passer Arlit.

La visibilité est réduite et le vent est toujours peu favorable. Nous atterrissons à Agadez après plus de 4h de vol. Nous profitons de l’après-midi pour visiter la ville. Nous avons été bien accueillis et profitons pour discuter avec les artisans qui souffrent de l’arrêt du tourisme dans la région de l’Aïr.

Le lendemain nous partons à destination de Niamey où nous attend notre ami Eric. Le paysage austère du désert se transforme peu à peu pour laisser apparaître des îlots de verdure ainsi que des petites étendues d’eau. Nous entrons dans le Sahel et nous pouvons bien observer les bienfaits du fleuve Niger en arrivant à Niamey. L’étape du jeudi 29 septembre sera bien courte, 430 km en 1h45 avec un vent favorable qui nous emmène au Burkina Faso. Le paysage est dorénavant verdoyant, les villages et quelques villes se succèdent jusqu’aux premiers barrages et habitations qui annoncent Ouaga- dougou. Là, Michel nous accueille et nous aurons l’occasion de nous promener dans la capitale et discu- ter avec les habitants du « Pays des Hommes Intègres ». Rappelons que l’association Trek Aviation parraine également les actions humanitaires du Secours Populaire Français de Belfort au Burkina Faso.

Nous profitons des deux jours pour visiter Bazoulé avec ses crocodiles et le lendemain le site de Laongo et ses majestueuses sculptures éparpillées dans la brousse du parc. Nous finirons l’excursion dans le village des artisans à Ouagadougou admirer les belles œuvres et beaux ouvrages et faire quelques emplettes.

Nous repartons le 02 octobre au matin à destination de Bobo Dioulasso où nous attendent Jean et ses amis de l’aéroclub de Bobo. Ce sera aussi l’occasion de visiter Bobo et notamment son quartier originaire mais surtout passer un moment avec les amis de l’aéroclub.

Le lendemain 03 octobre nous allons à Tambacounda au Sénégal en traversant tout le Mali en faisant escale à Bamako où nous serons retardés par un problème de livraison d’essence pour nos petits avions. Sur l’aéroport nous croisons des avions de transport militaire. Il est vrai que nous les avons moins vus et surtout moins ressentis sur les deux escales précédentes. La suite du vol nous fait découvrir  de merveilleux paysages de la région Malinké. Nous suivons tout d’abord le fleuve Bakoyé puis nous arrivons au-dessus du barrage Manantali et du fleuve Bafing. Au loin nous voyons ces deux fleuves se rejoindre pour donner le fleuve Sénégal. Puis nous passons le troisième affluent du fleuve Séné- gal le fleuve Falème qui marque la frontière entre le Mali et le Sénégal. La végétation est bien dense et sur notre droite nous pouvons imaginer le parc National du Niokolo-Koba et sa faune sauvage. A notre arrivée à Tambacounda nous sommes chaleureusement accueillis par le directeur de l’aéroport et la police. Des stagiaires des douanes en profitent pour s’exercer au contrôle des avions avec beaucoup de zèle ce qui nous fait perdre beaucoup de temps et de patience après plus de 1055 km parcouru en 4h20.

Au petit  matin du 04 octobre nous nous préparons pour aller jusqu’à Dakar pour refueller et saluer l’ANACIM dans leurs locaux à l’autre bout de l’aéroport. Là encore l’accueil est chaleureux ainsi qu’à l’ASECNA. Après une petite collation à l’aéro- club de Dakar nous repartons pour St. Louis du Sénégal en suivant la côte de l’Océan Atlantique. Ce sera l’occasion de visiter le parc animalier de Gueumbeul où nous verrons des tortues, des phacochères, des gazelles, un oryx et de nombreuses espèces d’oiseaux. Nous passons la nuit dans le célèbre hôtel de la Poste où séjournait notamment Jean Mermoz, le célèbre aviateur de l’Aéropostale.

Mercredi 05 octobre, dorénavant nous suivons la fameuse route de l’Aéropostale survolée par Mermoz et autres héros de la littérature de J. Kessel et de A. de Saint Exupéry et cela jusqu’en France. Cette partie du voyage devait se passer sans problème jusqu’à Nouadhibou où soi-disant nous avons atterri sans autorisations. Bref, après plus de 4h de négociation avec l’ANAC de Mauritanie nous obtenons le fameux sésame. En fait l’ANAC applique une réglementation différente de celle qui figure dans les AIP et de plus leur RSTFA est en panne … Heureusement que le directeur de l’aéroport nous a reçus avec beaucoup de gentillesse et de compassion. Nous décollons sans tarder pour Dakhla au  Maroc, notre destination finale.

Jeudi 06 octobre, une longue journée nous attend avec 2h de vol jusqu’à Laayoune refueller avant de repartir sur Essaouira en survolant Tarfaya. La légende locale veut en effet que le Petit Prince soit né ici en 1927, dans les vagues à l’âme d’Antoine de Saint-Exupéry, chef de station  de l’Aéropostale pendant dix-huit mois, lorsque la ville s’appelait Cap Juby. Peu après les nuages bas se soudent sur plusieurs centaines de kilomètres pour disparaitre comme par enchantement un peu avant notre atterrissage à Essaouira. Nous avons volé plus de 4h45 de vol et parcouru plus de 1055 Km.

Le matin du vendredi 07 octobre marque la fin du périple avec encore plus de 1050 km à parcourir pour arriver en Espagne à Murcia San Javier. Mais tout d’abord il faut aller à Al Hoceima en passant par Fez et les montagnes avant de traverser la mer Méditerranée pour quitter le continent africain.

En résumé, ce périple s’est merveilleusement bien déroulé nonobstant les petits soucis à Bamako et Tambacounda et sans tenir compte des palabres fastidieuses à Nouadhibou. Je note l’accueil toujours bienveillant et sympathique à toutes les escales et aussi dans les contacts divers  que nous pouvions avoir avec les populations locales.

Cela nous convainc fortement à reprogrammer un nouveau Trek Aéro Afrique pour 2017. A travers ces circuits, j’espère pouvoir redonner l’envie ou la curiosité aux pilotes français pour l’Afrique, voir visiter le Gabon …

 

 

 

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