Nouveau bug pour le Boeing 737 MAX

La FAA a demandé à Boeing de modifier sa mise à jour du logiciel anti-décrochage MCAS des 737 MAX, ayant découvert un problème qui retardera de deux à trois semaines son vol de certification. Et probablement le retour dans les airs des 371 appareils cloués au sol depuis les accidents de Lion Air et Ethiopian Airlines. La compagnie aérienne United Airlines a à son tour reporté à début septembre au plus tôt la reprise des vols de ses monocouloirs remotorisés.

Les pilotes d’essai de l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) ont découvert la semaine dernière le problème, qui selon les sources de Flightglobal concerne « le traitement de données » par l’ordinateur de bord et affecte la capacité des pilotes à exécuter « rapidement et facilement la procédure pour contrecarrer le phénomène de runaway stabilizer », procédure préconisée par Boeing quand le système MCAS se déclenche de façon erronée. La FAA n’a pas donné  de détails, mais son communiqué précise qu’elle a découvert « un risque potentiel que Boeing doit régler ». Et elle déclare de nouveau suivre « un processus minutieux, et non pas un délai prescrit, pour le retour en service du Boeing 737 MAX. La FAA lèvera l’ordonnance d’interdiction d’aéronef lorsque nous jugerons qu’il est sûr de le faire », alors qu’elle poursuit en parallèle « la mise au point des exigences de formation nécessaires ».

Dans son propre communiqué, Boeing a expliqué hier qu’il « accepte la décision et la demande de la FAA » et travaille sur le logiciel requis ; le fait de remédier à cette situation « réduira la charge de travail du pilote en tenant compte d’une source potentielle de mouvement de stabilisateur non commandé ». L’avionneur soutient qu’il « ne présentera pas le 737 MAX à la certification par la FAA tant que nous n’aurons pas satisfait à toutes les exigences en matière de certification et de remise en service sûre ». Des déclarations qui surviennent alors qu’en mai dernier, il affirmait avoir achevé le développement de la mise à jour du logiciel anti-décrochage, ainsi que les essais sur simulateur associés et son propre vol d’essai.

Mise en cause pour ses processus de certification, la FAA aurait dans un dossier complètement différent réaffecté trois directeurs dans un bureau régional qui supervise la réglementation de la low cost Southwest Airlines : selon le Wall Street Journal, cette décision serait en partie imputable à des « allégations de représailles dirigées contre des inspecteurs de la sécurité » qui avaient fait part de leurs préoccupations concernant la surveillance exercée sur Southwest. L’inspecteur général du Département des transports (DoT) a passé « des mois » à examiner les problèmes de sécurité chez Southwest, notamment la « documentation peu rigoureuse sur la maintenance de plus de 100 avions », après l’explosion en plein vol d’un réacteur de 737-700 qui avait entrainé la mort d’une passagère en avril 2018. En mars dernier, la low cost avait intenté une action en justice contre son syndicat de mécaniciens, quasiment accusé de sabotage. La FAA a déjà demandé à Southwest d’utiliser la technologie pour améliorer le calcul du poids des bagages et la manière dont ils sont chargés dans les avions, après avoir constaté des erreurs fréquentes. Certains experts affirment que des calculs erronés peuvent devenir critiques lors d’urgences telles que des pannes de moteur.

Après American Airlines et Southwest, United Airlines est devenue hier la troisième compagnie américaine à repousser au 3 septembre un éventuel retour dans les airs de ses 737 MAX (14 MAX 9 livrés sur les 85 attendus, plus cent MAX 10 livrables à partir de 2020). Cela aura un impact sur 1290 vols en juillet et 1900 en aout, selon son communiqué, les annulations devant être compensées par l’utilisation d’avions plus grands. (Air Journal)

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