OACI : mise à jour des « CART Take-off Guidelines »

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a mis à jour les lignes directrices présentées en juin dernier pour les compagnies aériennes, les aéroports, les équipages et le transport de fret, dans le cadre des mesures recommandées aux gouvernements pour mitiger les risques liés à la pandémie et permettre un redémarrage du transport aérien. Le nouveau texte fournit des recommandations que les pays « devraient envisager d’adopter en fonction de leur statut sanitaire actuel ».

Sur l’importance des tests de dépistage en particulier, la première édition du document CART Take-off Guidelines avait noté que les tests rapides disponibles à l’époque n’étaient pas recommandés en raison de leur niveau d’efficacité relativement faible. Depuis lors, la technologie des tests continue de s’améliorer rapidement. En outre, les autorités sanitaires « ont acquis une meilleure compréhension de la manière dont le coronavirus est transmis et comment l’utilisation efficace de certains tests pourrait contribuer à réduire la probabilité de transmission ». Bien que les tests ne soient « pas universellement recommandés par les autorités de santé publique » en tant que méthode de dépistage de routine, ils ont été mis en œuvre par certains États à cette fin. Le CART (Council on Aviation Recovery Task Force) recommande donc que les États qui envisagent d’effectuer des tests « appliquent l’approche décrite dans le Manuel de l’OACI sur les tests et les mesures de gestion des risques transfrontaliers », qui est actuellement en cours d’examen final par l’OMS (avec une date de publication prévue le 16 novembre). Dans ce cas, les États sont également « encouragés à envisager des moyens de test abordables pour minimiser les frais de voyage des passagers ».

L’OACI reconnait bien sûr la souveraineté et l’autorité de chaque pays sur ses priorités nationales de relèvement en cas de pandémie, notamment en ce qui concerne l’évaluation et l’utilisation des tests des passagers pour aider à alléger les mesures de quarantaine et reconnecter les destinations à l’échelle mondiale. Les pays « sont instamment priés de suivre ces orientations actualisées pour aligner leurs mesures, tout en respectant la prérogative de chaque État de mettre en œuvre des mesures d’atténuation supplémentaires et / ou alternatives en fonction de leurs besoins et circonstances spécifiques », a souligné le Président du Conseil de l’OACI Salvatore Sciacchitano. La rapidité de l’évolution de la situation mondiale « exige des orientations opportunes et ciblées pour soutenir efficacement les États dans leurs efforts pour contenir la pandémie tout en poursuivant le redémarrage et la reprise de l’aviation. Cela montre clairement l’importance cruciale de la coordination mondiale et régionale pour définir des mesures mutuellement acceptées ».

Les trois alliances mondiales de compagnies aériennes, Oneworld, SkyTeam et Star Alliance, ont immédiatement affiché leur soutien au texte de l’OACI. Ensemble, elles « exhortent les gouvernements à mettre en œuvre les lignes directrices du rapport pour les protocoles de test des passagers, ainsi que l’adoption de la technologie numérique des laissez-passer de santé, afin que les voyages aériens puissent reprendre en toute sécurité ». Alors que les restrictions de voyage et d’entrée imposées par les gouvernements « continuent d’avoir un impact significatif sur la demande mondiale de voyages », les tests Covid-19 sont apparus comme « un élément important d’une solution de bout en bout pour permettre le redémarrage en toute sécurité des voyages internationaux, en réduisant potentiellement la dépendance à l’égard de l’instrument contondant des quarantaines générales ».

Au nom de leurs 58 compagnies aériennes membres (dont Air France, British Airways et Lufthansa), représentant plus de 60% de la capacité mondiale et transportant plus de 1,87 milliard de passagers par an avant la crise sanitaire, les trois alliances appellent à donc « une approche harmonisée des tests qui constituera le fondement d’une confiance cadre, comme recommandé par les lignes directrices de l’OACI ».

Les récents essais de «pass santé» numérique, tels que Common Pass, présentent « de solides arguments en faveur de l’utilisation de la technologie numérique pour fournir des normes harmonisées dans la validation et la vérification des données de santé des passagers », souligne leur communiqué. Les alliances se disent en faveur de solutions techniques qui fournissent « un moyen cohérent, évolutif et abordable de déclarer les données de santé des passagers, simple à mettre en œuvre dans le cadre du parcours client, avec des processus lancés avant le voyage » pour réduire les inconvénients des passagers dans les aéroports.

Pour le directeur de Oneworld Rob Gurney, « avec des restrictions de voyage étendues créant beaucoup d’incertitude pour les clients, les tests peuvent jouer un rôle pour permettre le redémarrage en toute sécurité du voyage. Toute solution utilisée pour déclarer les données sur la santé des passagers doit être cohérente, évolutive et rentable ; cela apportera clarté et confiance aux clients, aux compagnies aériennes et aux autres parties prenantes à mesure que les voyages internationaux reprendront ». (Extrait d‘Air Journal)

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