Le Mot du Directeur Général

Dominique Oyinamono Directeur Général

Cette création répond au souci du gouvernement gabonais de mettre son aviation civile au standard de l’OACI qui préconise la cession de la gestion de l’aviation civile à des organismes autonomes, et a été accélérée par le résultat des audits menés par l’OACI en 2000, 2004 et 2007.

L’ANAC est portée sur les fonts baptismaux en janvier 2009 avec la nomination de son directeur général, puis la mise en place du Conseil de régulation en mars. L’équipe directoriale est complétée en août de la même année.

L’ANAC exerce pour le compte de l’Etat, l’ensemble des prérogatives de la puissance publique dans le secteur de l’aviation civile, telles que les fonctions liées à la régulation, à la supervision et au contrôle des activités du transport aérien. Par son activité, l’ANAC contribue à améliorer l’attrait du Gabon. Dans un pays où l’eau et la forêt occupent plus de 80% de l’étendue du territoire et où les infrastructures routières et ferroviaires ne sont pas encore très développées, le transport aérien est un puissant moyen intégrateur et de brassage des cultures et des peuples; il peut contribuer à améliorer la qualité de la vie. Aujourd’hui, l’industrie de l’aviation civile contribue dans l’économie gabonaise à hauteur de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects.

Active au sein des organisations internationales de l’aviation, l’ANAC veille à ce que les intérêts du Gabon soient pris en compte de manière appropriée.

Cependant, les chantiers sont encore nombreux et l’urgence est de mise.

En effet, au moment où l’Afrique du transport aérien franchit des étapes importantes : AAMAC, COSCAP, SMS, RVSM, audits USOAP, audits USAP, Certification des aérodromes etc…, la réglementation de l’aviation civile doit être harmonisée ; d’abord au plan sous-régional, puis nous l’espérons, au niveau continental. Ces réformes réglementaires couplées aux évolutions structurelles du secteur obligent les administrations d’aviation civile à s’adapter aux nouveaux concepts pour mieux répondre aux besoins des usagers et du public.

La modernisation de la gestion des aviations civiles doit se dérouler en déclinant les objectifs à tous les niveaux de responsabilité et en organisant un système d’information permettant de suivre les indicateurs reliés à ces objectifs.

Pour l’ANAC, le chantier est énorme et se décline quasiment dans tous les domaines couverts par toutes les annexes de OACI ; le premier étant l’adoption d’un nouveau Code de l’aviation Civile ainsi que d’une réglementation aéronautique nationale. Ensuite la mise à jour des textes réglementaires existants, et l’élaboration puis l’adoption de ceux traitant des domaines non encore couverts.

Concomitamment à cela, l’ANAC doit assurer ses missions régaliennes de surveillance de l’activité des opérateurs du secteur, et conséquemment au résultat de l’audit USOAP de mai 2007, elle doit sortir le Gabon de la liste noire de l’Union Européenne sur laquelle il est inscrit depuis juillet 2008.

Fort heureusement, l’ANAC sait pouvoir compter sur le concours de l’OACI dont une équipe d’experts est à pied d’œuvre pour l’encadrer dans sa mise en place ; la jeunesse de l’ANAC est également un atout, mais qui devra s’accompagner d’une concertation avec les autres aviations civiles du continent, pour s’inspirer de leur expérience et s’éviter les errements de toute jeunesse.

La route est longue, mais nous y croyons !

Dominique Oyinamono
Directeur Général