Incroyable : pas de pilote mais un passager à bord d’un drone chinois !

drone-ehangLe drone chinois Ehang 184 est sans doute, de tous les projets présentés au salon CES de Las Vegas, celui qui a suscité le plus d’intérêt des média et du public. Il s’agit tout simplement du premier drone de transport de passager. Même si ce projet ne voit jamais le jour, il fait déjà date …

L’Ehang 184 (pour 1 cabine, 8 hélices, 4 bras) que l’on qualifiera de « concept », se présente comme un drone traditionnel (de 200 kg toutefois), à propulsion électrique, équipé de 8 hélices contrarotatives disposées au bout de 4 bras repliables, sur lequel le constructeur a greffé une cabine pouvant emporter un passager. Ce passager devra cependant être de corpulence moyenne, puisque le poids total autorisé n’excède pas 100 kg. Il devra surtout avoir une confiance aveugle dans le système… Ce sera là, peut-être sa première caractéristique !

Bien que la startup Chinoise Ehang qui a imaginé ce drone de transport préconise une altitude d’évolution entre 300 et 500 m en utilisation courante, cet engin futuriste aurait été testé, lors des essais, jusqu’à une altitude de 3.500 m. Selon le concepteur, il peut atteindre une vitesse approchant les 100 km/h en translation.

Le vol est totalement automatisé. Il est programmable préalablement au décollage sur une tablette à écran tactile. Les seules interventions du passager dans l’accomplissement du vol se résument à commander le décollage et l’atterrissage. Commander, mais pas contrôler… Tout est automatisé. Le passager n’étant pas le pilote, il n’a pas besoin de posséder un brevet de pilote pour voler.

Si Shang Hsiao, co-fondateur de Ehang, est conscient des problèmes de sécurité qu’un tel appareil peut poser, la société ne précise pas quelles sont les moyens de substitution prévus en cas de défaillance de ce pilote automatique, le rôle du passager se résumant à la passivité. Tout au plus, l’entreprise réfléchit à un contrôle à distance du drone au cas où un problème survenait pendant le vol. Ce point prend toute son importance en cas de survol de zones fortement urbanisées. Survol qui pour l’heure est interdit aux drones classiques, même aux plus légers…

Une autre difficulté peut aussi provoquer une certaine perplexité quant à un emploi fonctionnel de l’appareil : elle concerne l’autonomie de l’engin, qui n’excède pas une vingtaine de minutes, ce qui en limite considérablement son utilisation. D’ici que tous les obstacles réglementaires soient surmontés, les fabricants de batteries auront eu le temps de faire des progrès en la matière !

Admettant que ce concept et les horizons qui s’ouvrent avec l’utilisation d’un tel appareil peuvent apparaître alléchants, la société qui l’a mis au point devra, en effet, envisager un autre combat moins technologique, mais tout aussi difficile : affronter les services concernés pour obtenir les autorisations nécessaires à sa certification et son exploitation. Huazhi Hu, directeur exécutif de la Société Ehang, qui annonce avoir entamé des pourparlers avec les administrations de différents pays dans le monde, est confiant mais probablement très optimiste en annonçant lancer sa machine en 2016 sur le marché. L’ambiance surmédiatisée d’un salon comme le Consumer Electronics Show [1] de Las Vegas peut gonfler d’optimisme les inventeurs qui s’y bousculent. C’est aussi dans cette enceinte que beaucoup de projets révolutionnaires, chaque année, prennent leur envol. (aerobuzz.fr., photo : Ehang)

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