IATA : l’aide financière aux compagnies africaines ralentie par la bureaucratie

Sans une aide financière d’urgence, le secteur aérien africain risque de s’effondrer, ce qui menacerait environ 3,3 millions d’emplois et une contribution de 33 milliards de dollars US au PIB africain, met en garde l’Association du transport aérien international (IATA).

En raison de la pandémie du coronavirus, les compagnies aériennes d’Afrique s’attendent à perdre 2 milliards de dollars en 2020. À ce jour, les gouvernements du Rwanda, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso ont promis un total de 311 millions de dollars en soutien financier direct au transport aérien. Une somme additionnelle de 30 milliards de dollars a été promise par des gouvernements, des entités financières internationales et d’autres institutions, dont la Banque africaine de développement, la Banque africaine d’import-export, l’Union africaine et le Fonds monétaire international (FMI), pour le transport aérien et le tourisme.

Lourdeur bureaucratique

Toutefois, une grande partie de l’aide n’a pas encore rejoint les entreprises qui en ont besoin à cause de la bureaucratie institutionnelle, de la complexité des processus de demande et de solvabilité, et de la lourdeur des conditions d’obtention du financement.

« Plus de 30 milliards de dollars en soutien financier ont été promis pour l’aviation et le tourisme en Afrique. Une partie de cet argent a été accordée par les gouvernements, mais une somme beaucoup trop faible a rejoint les destinataires prévus. Les gouvernements et les prêteurs doivent de toute urgence éliminer les goulots d’étranglement afin que l’argent circule rapidement, sans quoi il sera trop tard pour empêcher les fermetures et les pertes d’emplois. La réouverture des frontières et des espaces aériens n’aura plus de sens s’il ne reste plus d’industrie capable de soutenir le commerce et le tourisme, qui sont les éléments clés de toute économie florissante « , déclare Muhammad Albakri, vice-président régional de l’IATA pour l’Afrique et le Moyen-Orient.

Aussi, l’IATA demande instamment aux gouvernements d’Afrique de supprimer les goulots d’étranglement de sorte que l’aide financière requise d’urgence et promise au transport aérien et au tourisme soit donnée aux entreprises en détresse auxquelles elle est destinée. A ce jour, le Bénin, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Rwanda, le Sénégal et la Tanzanie ont permis ou annoncé la reprise imminente des vols réguliers internationaux de passagers. Ensemble, ces pays représentent 19 % du trafic de passagers sur le continent.

Le transport aérien et le tourisme soutiennent les moyens de subsistance de 24,6 millions d’Africains, et versent 169 milliards de dollars à l’économie de l’Afrique, ce qui représente 7,1 % du PIB du continent.

« Endiguer la pandémie est la priorité absolue. Mais sans une bouée de sauvetage pour maintenir le secteur en vie, et une feuille de route pour redémarrer l’aviation de façon sûre aussi vite que possible, la dévastation économique de la COVID-19 pourrait faire reculer le développement de l’Afrique d’une décennie ou plus « , prévient Muhammad Albakri. (Air Journal, photo : Air Senegal)

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