Grève du jeudi 22 mars en France : des annulations de vol en vue mais le long-courrier pas affecté

L’appel à la grève demain chez les fonctionnaires de la DGAC, y compris les contrôleurs aériens, devrait entrainer une réduction de 30% des vols dans les aéroports de la région parisienne et à Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon et Nantes selon Eurocontrol. Air France opèrera l’ensemble de ses vols long-courriers jeudi, mais n’a pas encore précisé l’impact sur le moyen-courrier.

Dans le cadre du mouvement de grève dans la fonction publique en France pour la journée du 22 mars 2018, rejoint par le syndicat USAC-CGT, la Direction Générale de l’Aviation Civile a selon Air France « donné comme instructions aux compagnies aériennes de réduire leur programme de vols au départ et à l’arrivée des aéroports français » ; des retards et des annulations de dernière minute ne sont pas à exclure. La compagnie nationale prévoit d’ores et déjà d’assurer l’ensemble de son programme long-courrier, son programme de vols court-courriers et moyen-courriers étant « en cours d’actualisation » selon son dernier communiqué mardi. Rappelons que le SNGAF (Syndicat des Navigants du Groupe Air France) a aussi appelé ses membres à manifester le 22 mars. Selon Eurocontrol, l’ouest et le sud de la France seront les plus affectés par la grève dans le contrôle aérien, avec une réduction de 30% des vols dans les aéroports de Paris (CDG et Orly), Beauvais, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon et Nantes.

Le principal syndicat de l’aviation civile a appelé à un arrêt de travail jeudi « ainsi que les nuitées en amont et en aval de celle-ci pour les agents travaillant en horaires décalés ». Il revendique une « hausse sensible des recrutements » de fonctionnaires, afin d’assurer l’ensemble des missions de la DGAC dans les meilleures conditions possibles de travail « et dans l’intérêt des services rendus aux usagers ». Rappelons que si le précédent mouvement en novembre 2017 n’avait entrainé aucune annulation de vol préventive, la grève d’octobre 2017 avait débouché sur la suppression préventive de 30% des programmes des compagnies aériennes, entrainant des centaines d’annulations de vol. Et en septembre, 15% des vols avaient été supprimés dans les aéroports de la région parisienne lors d’un mouvement similaire.

Chez HOP! Air France en revanche, le troisième syndicat de pilotes Flight Union Cockpit (FUC) a « suspendu » l’appel à la grève lancé pour jeudi. Il explique dans un tract que la mobilisation de nombreux PNT « a permis de débloquer une situation qui semblait il y a quelques heures bloquée et compromise ». Représentant 16% des vois dans la compagnie régionale, le FUC veut que la direction « présente enfin un véritable projet d’entreprise » et qu’elle « abandonne son RU et signe un accord PNT », une convention collective unique pour les pilotes de HOP! qui est née de la fusion d’Airlinair, Brit Air et Regional. Le FUC réclame une amélioration des conditions de travail, dont la réduction du nombre de jours ON consécutifs possibles pendant un mois à cinq au lieu de six. Et il précise que son appel à la grève n’a « rien à voir » avec les revendications salariales de l’intersyndicale qui sera en grève vendredi.

Tous les voyageurs devront donc impérativement vérifier jeudi l’état de leur vol avant de se rendre à l’aéroport. Le vendredi 23 mars mais aussi le 30 mars, ce sont uniquement les passagers d’Air France qui seront affectés par l’appel à la grève d’une intersyndicale représentant les pilotes, hôtesses de l’air et stewards et le personnel au sol qui réclament toujours une augmentation de salaire générale de 6%. Elle regroupe trois syndicats de pilotes (SNPL, SPAF et Alter), deux d’hôtesses de l’air et stewards (SNPNC et UNSA-PNC), et cinq de personnel au sol (CGT?, FO, SUD, CFTC et SNGAF), représentant 52,6% des voix du personnel, et a rejeté la proposition de la direction sur un mécanisme d’ajustement salarial pour les employés dont les salaires ont progressé moins vite que l’inflation. Cette intersyndicale avait déjà mené la grève du 22 février, qui avait entrainé l’annulation de 25% des vols dont la moitié des départs sur le long-courrier, et selon la compagnie coûté 26 millions d’euros. (Air Journal, photo : Eurocontrol)

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