Grève Air France : le PDG Jean-Marc Janaillac démissionne après le rejet de l’accord salarial

Le PDG du groupe Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, a annoncé hier sa démission après que les salariés de la compagnie aérienne ont rejeté à 55 % les propositions de hausses de salaires de la direction.

Il avait mis sa démission dans la balance. « En cohérence avec l’engagement que j’ai pris dès le lancement de cette consultation, j’assume les responsabilités de ce vote et remettrais dans les prochains jours ma démission au conseil d’administration d’Air-France et à celui d’Air France-KLM », a déclaré Jean-Marc Janaillac, qui a dit regretter un « immense gâchis qui ne peut que réjouir nos concurrents, fragiliser nos alliances et déboussoler nos équipes ».

« Ce vote est la traduction d’un malaise. Il appelle une transformation profonde », a-t-il encore estimé. « J’espère que mon départ permettra de créer une prise de conscience collective et d’amorcer les conditions d’un rebond. » Pour le moment, le groupe n’est toujours pas sorti de la zone de turbulences. Ce vendredi, qui marquait le treizième jour de grève depuis février, Air France-KLM a annoncé une perte nette de 269 millions d’euros. Un conseil d’administration sera convoqué le 9 mai pour entériner le départ de Jean-Marc Janaillac.

La direction d’Air France-KLM proposait une augmentation de salaire de 7 % sur quatre ans, dont 2 % dès cette année et 5 % sur les trois prochaines années. Les dix organisations de pilotes, d’hôtesses et stewards et de personnels au sol qui composent l’intersyndicale réclament eux 5,1 % d’augmentation en 2018 au titre d’un « rattrapage » nécessaire, après six ans de gel des grilles salariales.

Quatre salariés sur cinq ont participé à cette consultation lancée le 26 avril dernier, selon les chiffres communiqués par la direction. Des représentants de l’intersyndicale se sont félicités du résultat de la consultation et de la participation. C’est une « grosse satisfaction, même si nous ne validons pas le procédé », a commenté Christophe Campestre, porte-parole du deuxième syndicat de pilotes à Air France, le Spaf. « Ça nous redonne de la légitimité, à l’inverse du but recherché par la direction », selon lui. « Tout le monde s’est senti concerné » par le vote et « les salariés n’ont pas été dupes », ces derniers réclamant une forte augmentation salariale dès 2018 et non un accord pluriannuel, a ajouté Jérôme Beaurain de SUD-Aérien.

Du côté des non-grévistes, la CFDT a affirmé que le départ du PDG « augure d’une période trouble pour notre compagnie et d’une grave crise de gouvernance dont Air France n’a pas les moyens, eu égard à l’environnement économique et concurrentiel dans lequel évolue Air France ». « La CFDT entend l’avis exprimé par une majorité de salariés et ne signera donc pas l’accord salarial pluriannuel proposé », précise-t-elle dans un communiqué. (Air Journal, photo : AF)

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