Files d’attente : l’aéroport d’Orly sous tension

Les compagnies aériennes Air Caraïbes, Air France ou Transavia sont toutes d’accord : les files d’attente aux passages de la Police aux frontières (PAF) sont trop longues à l’aéroport de Paris-Orly, provoquant des « troubles à l’ordre public ».

C’est le président d’Air Caraïbes et French Blue qui a le premier tiré la sonnette d’alarme : dans un communiqué publié vendredi dernier, Marc Rochet dénonce le « niveau extrêmement critique » atteint par l’attente aux contrôles de la PAF, qui a entrainé au total depuis le 15 juin 2017 « 320 heures de retard pour l’ensemble des vols internationaux » à Orly-Sud. Il estime que le retard moyen a été supérieur 60 minutes « tous les jours », y compris neuf jours où cette moyenne était « supérieure à 90 minutes ». Et le président explique que ces retards ne sont pas juste des problèmes opérationnels : ils entrainent selon lui de nombreux « troubles à l’ordre public », y compris que des mouvements de foule « et des débuts d’émeute de passagers excédés d’être cantonnés dans les zones d’attente ».

Marc Rochet a cité en particulier l’exemple du 28 juin : l’attente atteignait deux heures, et « un mouvement de foule s’est produit parmi les 3500 personnes concentrées dans la file avant contrôle. La police aux frontières a dû intervenir et fermer… la frontière ! Trente-deux vols prévus dans la journée ont été ainsi retardés ». Une intervention de CRS a été nécessaire dans la zone publique, celle-là même qui a « connu un événement terroriste le 18 mars 2017 », souligne-t-il. Ces retards ont des conséquences économiques (il déclare qu’il refusera d’assumer les pénalités de retard puisqu’elles « ne sont pas de notre responsabilité ») mais aussi humaines selon lui : « les passagers à destination des Dom, voyageant souvent en famille en ces périodes de vacances, ont à subir les conséquences dramatiques de ces retards », tandis que l’absence de mesures simplifiées pour les enfants de ces clients d’Outre-mer « est la preuve d’un manque de respect patent ».

Un porte-parole de la low cost Transavia a confirmé à Tour Hebdo que ces problèmes d’engorgement au passage de la PAF à Orly Sud l’ont poussée à demander aux passagers d’arriver à l’aéroport « deux à trois heures avant le décollage », particulièrement en cette période de grands départs. Air France (qui opère depuis le terminal Ouest) avoue aussi dans le Figaro que « l’encombrement récurrent des filtres de police » des aéroports parisiens « est un sujet majeur en cette période de grands départs ».

Le problème est bien sûr celui du nombre de fonctionnaires présents aux postes de contrôle, et le président d’Air Caraïbes a alerté le ministre de l’Intérieur sur le sujet tout en rappelant que les compagnies aériennes préfèrent « les dispositifs automatisés à reconnaissance faciale », comme les sas Parafe. Le groupe ADP, qui avait annoncé en décembre dernier l’attribution à Gemalto d’un contrat pour installer 87 sas supplémentaires dans les deux aéroports parisiens, a déclaré qu’il financera « à 100% autant de sas Parafe que nécessaire » pour en accélérer l’installation – tout en appelant que l’Etat doit valider la reconnaissance faciale avant que ces nouveaux systèmes puissent être mis en service.

En attendant un éventuel renforcement des effectifs de la PAF, Air Caraïbes « ne saurait que recommander à ses passagers voyageant cet été, de se présenter par précaution plus tôt que d’ordinaire à l’aéroport, le jour de leur départ (au minimum 3h avant le départ du vol) ». Les consignes aux passagers sur le site de la low cost long-courrier French blue sont encore plus exigeantes : elle demande aux voyageurs de déposer leurs bagages au comptoir « Dépose bagage » « au moins 4h00 avant le départ » du vol, et de se présenter en salle d’embarquement « au plus tard 2h00 avant le départ ». Et elle prévient : pour tenir compte de la configuration des installations, en particulier les weekends, et des contrôles / formalités renforcés de la police aux frontières dans le cadre du plan Vigipirate, « nous serons dans l’obligation d’appliquer avec rigueur les horaires de clôture de l’enregistrement de nos vols et les procédures concernant les bagages en cabine tels que prévus par nos conditions générales de vente ». (Air Journal)

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