Dr John Nkengasong, directeur d’Africa CDC sur RFI : « Si tous les vols sont interdits, il sera très difficile ou presque impossible pour l’Afrique de combattre ce virus »

Le nombre de cas déclarés de COVID-19 va probablement augmenter dans les prochains jours selon l’Union africaine. L’organisation continentale a tenu une conférence de presse hier jeudi à son siège d’Addis-Abeba. Le directeur du Centre de prévention et de contrôle des maladies, Africa CDC, s’y est exprimé pour la quatrième fois depuis le début de l’épidémie.

Selon le Dr John Nkengasong, certains échappent « très probablement » aux contrôles, ce qui est une manière de dire que le nombre de cas est sous-évalué en Afrique. L’Afrique est-elle prête à faire face à une augmentation des cas ? Le Dr John Nkengasong explique.

Question RFI : Vous avez parlé de fermeture des frontières. Certaines compagnies, et notamment Ethiopian Airlines, qui est la plus grosse compagnie du continent, continuent à opérer des vols vers des pays qui sont touchés largement par le coronavirus. Qu’en pensez-vous ?

Dr John Nkengasong : L’OMS n’a pas encore demandé aux compagnies aériennes de ne pas desservir des pays qui sont atteints. Mais il faudra que l’on fasse attention. Si tous les vols sont interdits, il sera très difficile ou presque impossible pour l’Afrique de combattre ce virus. Parce que, où est-ce que nous allons trouver des réactifs pour tester ? Où est-ce que nous allons chercher des masques pour protéger la population ? Donc c’est assez compliqué. C’est comme les 10 000 tests que les Chinois vont nous donner, ils devraient être transportés par Ethiopian Airlines. Supposons qu’aujourd’hui on arrête les vols d’Ethiopian Airlines qui vont en Chine : on n’aura pas de tests. Même pour tester les gens. Ce n’est pas si évident. C’est une adéquation assez délicate.

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