Crash de Lion Air : pas de survivants

Aucun survivant n’a été retrouvé 24 heures après l’accident en Indonésie d’un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie aérienne low cost Lion Air transportant 189 passagers et membres d’équipage, plusieurs corps tant repêchés au large de l’île de Java. Aucune explication n’est fournie faute d’avoir repêché les boîtes noires de l’avion.

Le vol JT610 de la spécialiste indonésienne du vol pas cher s’est abîmé en mer le 29 octobre 2018 après avoir décollé de l’aéroport de Jakarta-Soekarno Hatta en direction de Pangkal Pinang dans l’île de Bangka au large de Sumatra avec 181 passagers et huit membres d’équipage. Le contrôle aérien a perdu le contact avec les pilotes environ 13 minutes après le décollage, peu après avoir reçu une demande de demi-tour. L’Agence de recherche et de sauvetage Basarnas a diffusé hier des images de neuf « restes humains » repêchés, les recherches se concentrant dans une zone de 30 à 40 mètres de profondeur marquée par des traces de carburant et de nombreux débris, à près de 15 kilomètres de la côte. Les 189 personnes sont « probablement mortes », déclarait hier le directeur opérationnel des services de secours Bambang Suryo Aji, les recherches se concentrant sur le repérage de l’épave. Parmi les débris récupérés figurent un morceau de la queue de l’avion, des papiers d’identité, des vêtements…

Parmi les victimes figurent deux étrangers, l’ancien cycliste italien Andrea Manfredi et le commandant de bord indien Bhavye Suneja. Ce dernier, employé de Lion Air depuis 2011 après une formation chez Emirates Airlines, avait accumulé plus de 6000 heures de vol, tandis que le copilote indonésien Harvino en avait plus de 5000. Les 181 passagers incluaient un enfant et deux bébés.

Le CEO de Lion Air a Edward Sirait expliqué que le 737 MAX 8, immatriculé PK-LQP et livré le 13 aout, avait souffert d’un « problème technique » dimanche soir, lors d’un vol entre Bali et Jakarta. Mais ce problème a été « réglé selon les procédures » et était apte à voler lundi matin, a-t-il ajouté sans fournir plus de précision. La flotte de Boeing 737 MAX (10 MAX 8 et un MAX 9 en service sur 250 monocouloirs remotorisés commandés) ne sera pas clouée au sol, a indiqué le dirigeant qui refuse de spéculer sur l’origine du drame tant que les enregistreurs de vol n’ont pas été récupérés.

Le site Flightradar indique que l’avion a soudain plongé vers la surface, alors qu’il se trouvait sur la trajectoire prévue ; le 737 avait auparavant perdu de l’altitude avant de la reprendre et gagner de la vitesse. Mais selon le directeur de Basarnas Muhammad Syaugi, la balise de détresse (ELT) ne s’est pas déclenchée à l’impact, la demande faite aux autorités australienne d’en repérer le signal n’ayant rien donné. Le crash de l’avion n’était « pas surveillé par le terminal d’utilisateur local de l’orbite terrestre moyenne » situé au siège de Basarnas, a précisé l’agence, alors que la balise était « certifiée jusqu’en aout 2019 ».

Si le crash de lundi n’est « que » le deuxième mortel dans l’histoire de Lion Air (25 personnes avaient péri en 2004 quand son McDonnell Douglas MD-82 s’était écrasé à Surakarta), elle a connu plusieurs accidents sérieux, dont celui de 2013 à Bali qui n’avait fait aucune victime alors qu’un 737-800 avait atterri en mer lors d’un atterrissage raté. Lion Air figurait alors sur la liste noire des compagnies aériennes interdites de vol en Europe, mais en était sortie en juin 2016 – en même temps que sa filiale Batik Air et Citilink, la low cost de Garuda Indonesia. En juin dernier, la Commission européenne retirait tous les transporteurs aériens indonésiens de sa liste noire, « compte tenu des nouveaux progrès en matière de sécurité aérienne qui ont été constatés dans ce pays ». Au total, Lion Air a perdu cinq avions dans des incidents divers depuis 2002, cinq autres étant sérieusement endommagés.

L’accident du vol JT610 est le plus grave en Indonésie depuis 2015, quand un Airbus A320 de la low cost AirAsia Indonesia s’était écrasé en mer lors du vol QZ8501 entre Surabaya et Singapour. Le pire dans l’histoire du pays reste celui de Garuda Indonesia en septembre 1997, quand son A300 s’était écrasé sur une colline lors de son approche de l’aéroport de Medan (234 morts). (Air Journal, photo: Basarnas)

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