Crash de Lion Air : les données de vol sont lisibles

Les autorités indonésiennes ont annoncé avoir téléchargé les données de la seule boîte noire du vol JT610 retrouvée à ce jour, une semaine après le crash d’un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie aérienne low cost Lion Air qui a entrainé la mort des 189 personnes à bord.

Quelques 69 heures de données portant sur les 19 derniers vols opérés par le 737 MAX 8 immatriculé PK-LQP, y compris celle du vol fatal, ont été téléchargées par les enquêteurs de l’enregistreur des données de vol (FDR). Lors d’une conférence de presse, le responsable de l’enquête menée par le Comité indonésien de la sécurité des transports (KNKT) Nurcahyo Utomo a souligné que le FDR était partiellement endommagé, l’analyse des paramètres concernant le vol JT610 devant débuter ce lundi – ce qui prendra plusieurs jours. La publication d’un rapport préliminaire est prévue 30 jours après la date de l’accident.

En attendant d’avoir ces informations qui pourraient expliquer pourquoi l’avion s’est écrasé 13 minutes après son décollage le 29 octobre 2018 de Jakarta-Soekarno Hatta vers l’aéroport de Pangkal Pinang dans l’île de Bangka au large de Sumatra avec 181 passagers et huit membres d’équipage, les plongeurs poursuivent leurs recherches pour dénicher la deuxième boîte noire, l’enregistreur des conversations du cockpit (CVR). Un « signal assez fort » a été entendu dimanche puis a été perdu, ce qui laisse penser que la deuxième boîte noire se trouve enfouie dans la boue, qui atteindrait un mètre d’épaisseur à environ 30 mètres sous la surface ; le FDR était lui-même enfoui sous 50 cm de boue.

Dimanche soir, 105 sacs contenant des restes humains avaient été récupérés par les sauveteurs, mais seulement 14 corps ont été formellement identifiés. Côtés débris, une partie du train d’atterrissage et les deux moteurs ont été retrouvés, ainsi que des pièces du fuselage ; mais la partie principale de ce dernier n’a pas été localisée.

Si le crash de lundi n’est « que » le deuxième mortel dans l’histoire de Lion Air (25 personnes avaient péri en 2004 quand son McDonnell Douglas MD-82 s’était écrasé à Surakarta), elle a connu plusieurs accidents sérieux, dont celui de 2013 à Bali qui n’avait fait aucune victime alors qu’un 737-800 avait atterri en mer lors d’un atterrissage raté. Lion Air figurait alors sur la liste noire des compagnies aériennes interdites de vol en Europe, mais en était sortie en juin 2016 – en même temps que sa filiale Batik Air et Citilink, la low cost de Garuda Indonesia. En juin dernier, la Commission européenne retirait tous les transporteurs aériens indonésiens de sa liste noire, « compte tenu des nouveaux progrès en matière de sécurité aérienne qui ont été constatés dans ce pays ». Au total, Lion Air a perdu cinq avions dans des incidents divers depuis 2002, cinq autres étant sérieusement endommagés.

L’accident du vol JT610 est le plus grave en Indonésie depuis 2015, quand un Airbus A320 de la low cost AirAsia Indonesia s’était écrasé en mer lors du vol QZ8501 entre Surabaya et Singapour. Le pire dans l’histoire du pays reste celui de Garuda Indonesia en septembre 1997, quand son A300 s’était écrasé sur une colline lors de son approche de l’aéroport de Medan (234 morts). (Air Journal, photo: PK-REN)

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