Boeing reconnait une « erreur » sur les alarmes des MAX

Le président de Boeing Dennis Muilenburg a déclaré hier que l’avionneur avait commis une « erreur » dans sa gestion de l’alarme AOA Disagree des 737 MAX, dépendante d’une option qui n’avait pas été achetée par les compagnies aérienne Lion Air et Ethiopian Airlines – dont les deux accidents en cinq mois ont fait 346 victimes.

Le grand patron de l’avionneur américain, qui avait présenté fin mai ses excuses aux familles des victimes de deux crashes dans lesquels le 737 MAX était impliqué, a reconnu le 16 juin 2019 les erreurs dans la gestion de cette alarme : Boeing « croyait » en 2017 que l’alarme visuelle AOA Disagree Light était activée sur tous les MAX, et ses ingénieurs « ont découvert » qu’elle ne fonctionnait que si l’alarme AOA Indicator – elle aussi optionnelle – avait été acquise.

L’AOA Disagree Light est un voyant lumineux indiquant que les deux sondes de mesure d’angle d’attaque envoient des informations différentes, tandis que l’AOA Indicator affiche les mesures des deux sondes. Aucune de ces deux alarmes n’étaient rendues obligatoires par la FAA, le débat étant toujours ouvert aux Etats-Unis sur le nombre d’informations qui doivent être affichées dans le cockpit. Elles n’équipaient pas les appareils impliqués dans l’accident le 10 mars 2019 du vol ET302 d’Ethiopian Airlines, qui a entrainé la mort des 157 personnes à bord, et dans celui du vol JT610 de Lion Air en octobre dernier (dont le rapport préliminaire indiquait un problème avec les sondes AOA). L’option AOA Disagree Light avait en revanche été achetée par American Airlines et Southwest Airlines entre autres. Boeing a déjà annoncé que l’alarme AOA Disagree Light sera installée d’office dans tous les MAX (et activée sur les 371 exemplaires déjà livrés), la seconde restant une option payante.

Parlant à la presse à la veille du Salon du Bourget, Dennis Muilenberg a également répété que les communications « incohérentes » de Boeing avec la FAA et avec les clients du 737 MX sur les alarmes visuelles étaient « inacceptables », tout en défendant « l’approche globale » de ses ingénieurs. Rien de neuf en revanche sur un éventuel retour dans les airs des 737 MAX, le CEO évoquant seulement « une convergence croissante des régulateurs ».

Rappelons que lors du Salon du Bourget 2017, Boeing affichait affichant au total 571 nouvelles commandes ou engagements d’achat, contre 326 pour Airbus. (Air Journal)

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