Boeing 737 MAX : un retour dans les airs pas pour demain

La compagnie aérienne American Airlines a étendu jusqu’au 24 avril au plus tôt l’immobilisation de ses 24 Boeing 737 MAX 8, tandis que Fiji Airways ne reprendra pas les siens avant le 30 septembre. La FAA aurait provisoirement approuvé la mise à jour du logiciel accusé dans le crash d’Ethiopian Airlines fin mars et celui de Lion Air en octobre dernier, qui ont fait au total 346 victimes.

A l’instar de la low cost Southwest Airlines (34 MAX 8) et de United Airlines (14 MAX 9), American Airlines a envoyé une équipe samedi à Renton (dont deux pilotes) pour tester la mise à jour logicielle du système MCAS proposée par Boeing – et qui aurait été « provisoirement approuvée » par la FAA selon le Wall Street Journal. Mais elle a aussi annoncé hier l’extension jusqu’au 24 avril 2019 l’annulation de tous les vols effectués en 737 MAX – les 371 monocouloirs remotorisés étant cloués au sol depuis le 13 mars. Pour ses passagers, cela se traduit par l’annulation de 90 vols par jour le mois prochain ; ce report « proactif » facilite la gestion des nouvelles réservations et « limite l’impact sur les clients », explique American Airlines dans un communiqué, précisant qu’elle « attendra des informations » de la part de la FAA, du NTSB, du ministère des transports, de Boeing « et d’autres autorités » avant de reprogrammer des vols en 737 MAX.

Toujours aux Etats-Unis, Southwest a déjà envoyé sept de ses 34 737 MAX 8 vers Victorville en Californie, dans le désert de Mojave où ils seront stockés en attendant le feu vert à leur retour dans les airs. Les autres exemplaires restent parqués un peu partout dans le pays, par exemple à Dallas et Indianapolis. United Airlines a de son côté choisi Houston pour entreposer ses MAX 9, et y a envoyé des pièces de rechange pour préparer un éventuel retour en service. Aucune n’avance de date pour la reprise des vols.

Le silence officiel reste de mise chez Boeing comme chez la FAA sur la date d’une éventuelle certification de la mise à jour, mais aussi des manuels et de la formation ; le « nouveau » système MCAS sera testé chez le constructeur américain sur un des neuf simulateurs dédiés au 737 MAX actuellement livrés dans le monde. Le Wall Street Journal précise que cette certification ne surviendra qu’après des essais en conditions réelles, prévues cette semaine ; la mise à jour « adoucirait » les interventions du MCAS, l’empêchant de reprendre la main malgré les interventions des pilotes. Le MACS ne serait plus basé sur les informations d’une seule sonde AOA mais deux au moins, et des alarmes préviendrait l’équipage en cas de dysfonctionnement d’une sonde. La formation des pilotes de 737 MAX détaillerait clairement les conditions de déclenchement du MCAS, et comment le déconnecter.

Le déploiement de cette mise à jour devrait ensuite prendre plusieurs semaines, voire des mois d’autant que l’Agence européenne pour la sécurité de l’aviation (EASA) et Transport Canada ont déjà annoncé qu’ils l’étudieront indépendamment des conclusions de la FAA. Air Canada a déjà annoncé avoir reporté au 1er juillet une éventuelle remise en service de ses 24 MAX 8 (l’inauguration du Montréal – Bordeaux serait reportée à cette date), et Fiji Airways (2 MAX 8 en service sur 5 commandés) aurait été plus loin : pas de vol commercial avant le 30 septembre a priori.

La patience reste de mise chez les opérateurs des 737 MAX. Boeing a invité mercredi prochain quelques 200 représentants de compagnies aériennes, « leaders techniques » et régulateurs à une réunion d’information sur cette mise à jour du MCAS et de la formation (y compris des responsables de Garuda Indonesia, qui a reçu un MAX 8 mais affiche son intention d’annuler sa commande en cours). Rappelons que si un rapport préliminaire a été publié sur le crash du vol JT610 de Lion Air, mettant en cause le fonctionnement du système, seules des « similitudes claires » sont évoqués dans le crash du vol ET302 d’Ethiopian Airlines. (Air Journal)

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