Avion abattu en Iran : foire d’empoigne au sujet des enregistreurs de vol

L’Iran avait promis des éclaircissements complets, mais fait maintenant demi-tour au sujet des enregistreurs de vol : on veut les évaluer au pays. « Nous essayons d’analyser la boîte noire ici en Iran », a déclaré Hassan Resaifar de l’organisation de l’aviation civile iranienne. La population proteste.

Samedi dernier, Resaifar avait déclaré à l’IRNA et à l’agence de presse Tasnim que l’évaluation des données et des enregistrements vocaux depuis le cockpit en Iran serait techniquement impossible. L’Iran ne disposerait pas du logiciel nécessaire pour télécharger les données qui seraient donc remis aux autorités ukrainiennes et, si nécessaire, envoyés en France.

Pourquoi l’Autorité iranienne de l’aviation a complètement changé d’avis en moins de 24 heures n’est pas clair.

Le Canada et l’Ukraine ont tous deux demandé que les boîtes noires soient envoyées en France ou en Ukraine pour évaluation par des experts. Le ministre canadien des Affaires étrangères François-Philippe Champagne a écrit à son collègue iranien Mohammed Javad Sarif. « Si vous dites au monde que vous en prenez l’entière responsabilité, cela implique des conséquences » », a écrit Champagne, « y compris une transparence totale ».

Le président ukrainien Volodymyr Selenskyj a également lancé un appel au gouvernement iranien. L’Ukraine a la capacité technique et des spécialistes expérimentés pour lire les informations de la boîte noire, a déclaré Selensky. Lors d’une réunion avec le ministre iranien des Transports Mohammad Eslami à Kiev, il a insisté sur le fait que les deux parties avaient convenu de ramener toutes les parties de l’épave de l’avion en Ukraine.

L’Iran a tiré deux missiles

Entretemps, les autorités iraniennes ont admis que l’avion de passagers avait en fait été touché par deux missiles. Les militaires n’avaient auparavant parlé que d’un seul. La semaine dernière, les médias américains avaient utilisé une nouvelle vidéo pour analyser que l’appareil pourrait avoir été touché par deux missiles. Le premier impact peut avoir détruit le système de communication de l’avion. C’est probablement pourquoi il n’y a plus eu de contact avec les pilotes.

Le fait d’avoir abattu l’appareil et le déni des dirigeants iraniens pendant des jours ont déclenché de violentes manifestations dans le pays. Les manifestants ont exigé que les responsables soient punis, certains d’entre ont même demandé la démission du gouvernement. Le président Hassan Rouhani a ensuite promis des éclaircissements approfondis et complets. Mais pourquoi ce demi-tour pour les enregistreurs de vol ? L’enregistreur vocal du cockpit pourrait-il faire entendre les 20 secondes qui se sont écoulées entre le premier et le deuxième missile iranien ? Il se peut que les dirigeants iraniens craignent qu’une publication ne ravive les protestations contre le gouvernement. (ia)

 

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