ANAC: « La Sûreté » en conclave, pour une aviation civile sûre et fiable

La sûreté aérienne a pour but la protection et la prévention contre tout acte d’intervention illicite. Elle lutte contre les actes de malveillance perpétrés à l’encontre des aéronefs ou des passagers. Les normes de sûreté se basent essentiellement sur les normes et recommandations de l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile (OACI).

MM. Sylvain Pangou (SP), Directeur de la Sûreté de l’ANAC, Alain Mamfoumbi (AM), Conseiller au Ministère des Transports, et Francis Nkolo (FN), Chef du Service Sûreté et Facilitation à la Haute Autorité de la Sûreté et de la Facilitation de l’aéroport international Léon Mba, donnent plus d’explications dans le cadre d’une interview qu’ils ont bien voulu accorder à la DIRCOM de l’ANAC le mercredi 13 janvier.

DC-D : Merci de nous expliquer qui se réunit ici, et dans quel but.
Sylvain Pangou : Entre le 15 et 22 février 2010, le Gabon sera audité par l’OACI. Cet audit portera sur deux aspects : L’aptitude du Gabon à superviser la mise en œuvre des mesures de sûreté de l’aviation civile, et aussi la qualité de cette mise en œuvre. C’est-à-dire, est-ce qu’elles(ces mesures)  sont mises en œuvre conformément aux dispositions de l’aviation civile. Cette activité ne peut se faire que sur la base de certains programmes, notamment le programme national de la sûreté de l’aviation civile, le programme de formation de la sûreté de l’aviation civile, le programme de contrôle qualité, le programme de sûreté d’aéroports et bien d’autres. A l’heure actuelle, nous avons un programme national de Sûreté de l’Aviation Civile, mais aujourd’hui, avec l’évolution de l’environnement de la sûreté, nous sommes, depuis plusieurs jours, en train d’amender l’ancien programme. Lorsque cet amendement aura été fait, cela nous facilitera l’élaboration des autres programmes que je viens d’énumérer.

DC-D : Sur quoi porte cet amendement, à titre d’exemple ?
SP : L’organisation. A l’époque où le programme avait été rédigé, la Haute Autorité qui est un acteur prépondérant par rapport à la sûreté sur la plateforme de Libreville, n’existait pas. Cela amène à modifier les textes. Et encore, maintenant il y a l’Agence Nationale de l’Aviation Civile qui, en son sein, comporte une direction de la sûreté. Toutes ces structures sont à intégrer dans le programme – pour ne citer que celles-là.

DC-D : Vos travaux prendront combien de temps ?
SP : Au départ, nous nous sommes fixés cinq jours, mais nous nous rendons compte que depuis lundi, nous ne sommes que sur le premier texte, celui du programme national de sûreté. Nous allons tout faire pour terminer dans les délais, mais à mon avis, il sera  difficile de respecter ce delai.

DC-D : Donnez-moi encore quelques détails sur les participants à ces réunions.
SP : Prennent part un conseiller du ministre des transports, le chef de service sûreté de la Haute Autorité, le chef du service sûreté d’ADL, un représentant de l’ASECNA, également chef de la sûreté au niveau du Gabon, un représentant des transports de la gendarmerie aérienne, deux représentants de la douane (fret et courrier express), ainsi qu’un représentant de la Police de l’Air et des Frontières.

DC-D : Monsieur Mamfoumbi, quelles sont vos impressions des travaux jusqu’à présent ?
Alain Mamfoumbi : Dans la présentation qui vient de vous être faite, vous voyez qu’il s’agit d’une commission multidisciplinaire. Je ne rentrerai pas dans les détails par rapport à la qualité de notre réunion, mais je tiens à exprimer que, vu l’immensité et la complexité de la tâche, je considère le fait que toutes ces disciplines soient représentées comme une très bonne chose. Ceci nous permettra de travailler non seulement sur le programme national de sûreté, mais sur d’autres programmes, de produire tous les documents que l’OACI exige de nous.

DC-D : D’après vous, quels sont les sujets les plus importants ?
AM : Le thème central, c’est la sûreté, et au-delà de la sûreté, nous avons la formation, car pour faire la sûreté, il faut des hommes formés. La politique de formation qui avait été initiée depuis le début devrait se poursuivre, pour permettre un relai et le suivi des mesures qui doivent être appliquées.

DC-D : Cette formation se fait-elle au Gabon ?
AM : La formation de base peut se faire au Gabon. Mais quand on évolue sur l’échelle des fonctions, les formations peuvent se faire à l’extérieur, dans des centres agréés, à Dakar, p.ex., en France ou au Canada. L’autre volet, ce sont les équipements. Les équipements que nous avons à l’aéroport de Libreville datent d’au moins 8 ou 9 ans. Donc, il faut prévoir un renouvellement régulier pour éviter des passages à vide.

DC-D : Aurons-nous des scanners corporels à l’aéroport de Libreville ?
AM : Nous l’espérons bien ! Je ne peux pas vous dire à quel moment, mais c’est notre souhait d’en disposer bientôt, à l’instar des autres aéroports dans le monde.
Permettez-moi de rajouter encore un autre aspect en qui concerne l’OACI. L’OACI, ce n’est pas seulement la mise en œuvre des mesures de sûreté qui importe, il s’agit également de maintenir le niveau !

Francis Nkolo : L’OACI, dans le cadre de cet audit, vient vérifier si l’état gabonais respecte l’ensemble des normes et pratiques recommandées et dictées par elle, dans l’annexe 17. A partir de cet audit, l’OACI va établir un certain nombre de recommandations, nous permettant de rectifier les différentes carences constatées. Notre premier travail consiste donc à faire une comparaison de ces pratiques et normes avec le premier programme national de sûreté.  A partir de ce programme, d’autres programmes sectoriels rentreront en jeu. Donc, le programme national de sûreté de l’aviation est suivi par le programme national de sûreté aéroportuaire, qui lui aussi va devoir être toiletté par rapport aux changements qui auront été apportés au programme national de sûreté de l’aviation. Viendra après le programme de sûreté d’exploitants d’aéronefs qui, lui, dépend du programme de sûreté aéroportuaire. Ensuite, viennent les programmes de sûreté sectoriels, à savoir, le groupe pétrolier, les restaurateurs et tous les acteurs de transport aérien. Au-delà de cela, il nous est demandé d’établir un programme national sur la gestion de la qualité des mesures de sûreté. Tout cela demandera beaucoup de temps …

DC-D : L’OACI pourra vérifier tout cela en une semaine ? Combien de personnes se rendront à Libreville ?
FN : Ils seront deux, et ils procéderont selon une checklist, cela se fera facilement en une semaine.

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