Air France : 10 millions d’euros (env. FCFA 6,5 milliards) perdus par jour et activité partielle de longue durée

La compagnie aérienne Air France perd encore 10 millions d’euros (env. FCFA 6,5 milliards) par jour, et le ralentissement de la reprise, lié à la résurgence de la pandémie de Covid-19, va la contraindre à recourir au d’activité partielle de longue durée (APLD) si les mesures de réduction des effectifs déjà annoncées ne font pas le plein.

Dans un entretien accordé au quotidien Corriere della Sera, la directrice générale d’Air France Anne Rigail a annoncé pour le mois d’aout 2020 des résultats très inférieurs à ce qui était espéré. « En août, nous avons volé à 70% de la capacité d’un an plus tôt sur les liaisons intérieures, à 55% sur les routes moyen-courrier (en particulier l’Italie, la Grèce, l’Espagne, le Portugal), mais en raison des différentes restrictions dans les pays, le segment intercontinental n’est pas dépassé 30%. Le tout avec des taux de remplissage inférieurs (20 à 30% de moins) et des revenus en baisse de 70% », a déclaré la CEO, qui espérait avant l’été une reprise progressive atteignant jusqu’à 70% des activités en décembre – elle ne table plus que sur 50%. « En septembre, nous avons vu que les réservations touristiques ont chuté rapidement, et nous n’avons pas remarqué de reprise du trafic affaires pour des raisons évidentes (santé, business et économique) », a-t-elle précisé.

Air France perd environ 10 millions d’euros par jour selon Anne Rigail, mais la compagnie « travaille à limiter les pertes en adoptant toutes les mesures possibles », visant à être « pleinement compétitive » une fois la crise sanitaire terminée. Ce qui passera par la restructuration annoncée, notamment dans la gestion du sureffectif avec la suppression de 7580 postes d’ici la fin 2022 (6560 chez Air France et 1020 chez la filiale régionale HOP, soit une « réduction de 16 à 17% » sur les quelque 45.000 salariés actuels).

Le ralentissement de la reprise du transport aérien pourrait cependant rendre ces suppressions de postes insuffisantes, notamment si les plans de départs volontaires ou de rupture conventionnelle collective ne rencontrent pas le succès espéré. Les négociations avec les syndicats ont déjà commencé, en particulier sur le recours dès le mois prochain au dispositif d’activité partielle de longue durée (APLD), qui pourrait durer au maximum deux ans et concerner 50% du temps de travail. Air France l’appliquerait à tous les corps de métiers, des pilotes aux PNC en passant par le personnel au sol. Dans ce cadre, les salariés toucheraient pour les heures non travaillées 84% de leur salaire net, soit plus que ce qui est proposé par le chômage partiel (72% en novembre) – avec des avantages similaires pour l’entreprise : l’État lui versera 85% de ce montant contre prochainement 60% dans le système du chômage partiel.

Christophe Dewatine, secrétaire général de la CFDT chez Air France, a déclaré dans Le Figaro : « sur le papier, on y est favorable car cela permet d’être mieux indemnisé qu’au régime de chômage partiel classique ». Les syndicats ont cependant mis une condition à ce recours à l’APLD : garantir l’absence de licenciement durant toute la période plus six mois. D’éventuelles baisses de revenus ne sont pas encore mises officiellement sur la table, mais le sujet aurait déjà été évoqué. (Extrait d’Air Journal)

 

 

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