737 MAX : Boeing soupçonné d’avoir caché des documents

D’après de nouvelles révélations fracassantes, Boeing aurait induit la Federal Aviation Administration (FAA) en erreur quant à la sécurité de son avion 737MAX.

Une série de messages, publiés par le New York Times, entre deux employés de Boeing en 2016, un an avant sa certification, fait part de leurs préoccupations concernant le système anti-décrochage MCAS, à l’origine des futurs crashs de Lion Air et d’Ethiopian Airlines. Le principal message d’inquiétude est venu du pilote de Boeing, Mark Forkner, qui a piloté l’aéronef. Dans un échange de mails de novembre 2016, il dénonce que le MCAS rend difficile l’avion à piloter en simulateur. Il « déraille dans le sim (le simulateur) ». Et de poursuivre : « Bon je t’accorde que je suis nul en pilotage mais ça c’était scandaleux ».

Son collègue, Patrik Gustavsson, lui répond alors qu’il va falloir actualiser les instructions dans le manuel de vol. Or, Mark Forkner demandera à la FAA de ne pas faire mention du MCAS dans le manuel, requête qui sera acceptée. « En gros, ça veut dire que j’ai menti aux régulateurs (sans le savoir) », répond alors Mark Forkner, ce à quoi son collègue ajoute, « ce n’était pas un mensonge, personne ne nous avait dit que c’était comme ça ».

Steve Dickson, l’administrateur de la FAA, a envoyé une lettre au directeur général de Boeing, Dennis Muilenberg, le sommant de s’expliquer sur le fait de ne pas avoir divulgué ces informations. « Hier soir, j’ai examiné un document concernant le fait que Boeing a remis au ministère des Transports tard hier soir», écrit-il. « Je comprends que Boeing a découvert le document dans ses dossiers il y a des mois. Je compte sur votre explication immédiate concernant le contenu de ce document et le retard pris par Boeing à divulguer le document à son autorité de réglementation en matière de sécurité ».

« Au cours des derniers mois, Boeing a coopéré de manière volontaire avec l’enquête du comité de la Chambre des transports et de l’infrastructure sur le 737 MAX, a répondu l’avionneur américain dans un communiqué. Dans le cadre de cette coopération, nous avons porté aujourd’hui à la connaissance du Comité un document contenant les déclarations d’un ancien employé de Boeing. Nous continuerons de coopérer avec le comité tout au long de son enquête. Et nous continuerons de suivre les directives de la FAA et des autres régulateurs mondiaux, alors que nous travaillons à remettre le 737 MAX en service en toute sécurité.»

M. Muilenburg, qui a été déchu de son titre de président du conseil d’administration et n’est plus que directeur général, doit s’attendre à de prochaines semaines mouvementées puisqu’il doit être entendu le 29 octobre devant le Sénat américain, puis le lendemain à la Chambre des représentants. Cet épisode représente un ultime revers dans la re-certification de l’avion, les autorités américaines espérant sa reprise dans les airs avant la fin de l’année 2019. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a malgré tout informé la FAA qu’elle n’était pas satisfaite de la démonstration effectuée par cette dernière et Boeing pour prouver la fiabilité du nouveau système de contrôle de vol. (Air Journal)

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